Indre: Des paysans en colère manifestent contre l'accaparement des terres par un groupe chinois

AGRICULTURE L’occupation du terrain de 1.600 hectares avait pour but d’attirer l’attention sur le phénomène de « spéculation boursière » des consortiums « s’accaparant du foncier »…

20 Minutes avec agences

— 

Des paysans ont occupé un terrain à Murs, dans l'Indre. (Illustration)
Des paysans ont occupé un terrain à Murs, dans l'Indre. (Illustration) — PixaBay

Une centaine d’agriculteurs en colère ont occupé ce mercredi une parcelle de terrain située à Murs (Indre) et récemment achetée par un consortium chinois. Celui-ci y cultive du blé vendu sur le marché mondial. Les paysans entendaient ainsi protester contre la « spéculation ».

« La terre est là pour faire vivre des familles de paysans et produire de la nourriture. Ici, les propriétaires sont venus faire un business, de la spéculation boursière autour de l'agriculture en s’accaparant du foncier », a dénoncé Laurent Pinatel, un porte-parole de la Confédération paysanne.

« Le problème n’est pas que les propriétaires soient chinois. C’est aussi scandaleux quand des Français s’approprient des terres en Ukraine ou en Pologne, ou que le groupe Bolloré, qui n’a pas besoin de ça, achète des hectares de vignoble bordelais ! », s’est emporté Nicolas Calame, porte-parole de l’antenne départementale de la Confédération.

« Rendre les terres aux paysans »

Sur le terrain de 1.600 hectares, les manifestants venus de plusieurs régions de France ont semé des graines de ray-grass, une action symbolique illustrant leur volonté de « rendre les terres aux paysans ». Les agriculteurs estiment que le contrôle des structures sur la vente ou les locations de foncier français s’est montré « inefficace ». Les acquisitions des investisseurs ont en effet été réalisées en toute légalité.

« Il faut que les parlementaires fassent dès l’automne une loi sur le partage et le portage du foncier », estime Laurent Pinatel. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, en déplacement dans l’Allier, a déclaré souhaiter attendre la fin des travaux parlementaires en cours sur le sujet avant de « pouvoir faire des propositions concrètes ».

>> A lire aussi : Var: La Confédération paysanne s'attaque aux vignes de Vincent Bolloré

>> A lire aussi : Agen: Un syndicat agricole demande un prix minimum pour les fruits et légumes importés