Amiens: L'inspection du travail refuse le licenciement de 25 salariés de l'usine Whirlpool

LICENCIEMENT L'inspection du travail a jugé peu pertinente la raison «économique» invoquée par l'entreprise...

20 Minutes avec AFP

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Des employés Whirlpool manifestent devant leur entreprise d'Amiens, le 14 mai 2017.
Des employés Whirlpool manifestent devant leur entreprise d'Amiens, le 14 mai 2017. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Ils sont représentants syndicaux ou délégués du personnel. L’inspection du travail a refusé le licenciement de salariés protégés de l’usine de sèche-linge Whirlpool d’Amiens, symbole des délocalisations industrielles, considérant que le motif économique n’était pas établi.

L’organisme a notamment considéré que Whirlpool était un groupe « sain financièrement », « réalisant des profits » et que « la perte de parts de marché » de l’entreprise n’était pas « avérée », peut-on lire dans une des lettres recommandées envoyées aux salariés et que l’AFP a pu consulter.

Un licenciement soumis à autorisation

Dans ce courrier daté du 31 juillet, les inspecteurs du travail ajoutent : « la délocalisation de l’usine d’Amiens dans un pays à bas coûts n’est pas réalisée dans le but de sauvegarder la compétitivité du groupe ». Ainsi, ils ont estimé que « la réalité du motif économique » n’était « pas établie », et ont donc refusé d’autoriser les licenciements de ces salariés protégés, leur licenciement étant soumis à l’autorisation de l’inspection du travail.

« Vingt-trois salariés ont reçu ce courrier et au total 25 personnes devraient être concernées », a affirmé à l’AFP Frédéric Chantrelle, délégué syndical CFDT. L’entreprise peut contester cette décision dans un délai de deux mois.

Une décision « de bon augure »

« Cette décision est évidemment de très bon augure pour tous les salariés qui ont saisi le conseil des prud’hommes d’Amiens puisque l’inspection du travail estime que, même après les réformes Macron de libéralisation du licenciement économique, les suppressions de postes chez Whirlpool n’ont pas de motif valable », a réagi l’avocat des ex-salariés, Me Fiodor Rilov.

L’usine qui employait 246 salariés a fermé le 31 mai et sa production délocalisée à Lodz en Pologne.

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