Assurance-chômage: Les syndicats à Matignon dès ce mercredi pour plancher sur la réforme

SOCIAL Organisations de salariés et d’employeurs rencontrent à tour de rôle le Premier ministre Edouard Philippe à partir de ce mercredi pour discuter des chantiers de l’automne, notamment une nouvelle réforme de l’assurance chômage…

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe à l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le 28 août 2019.
Edouard Philippe à l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le 28 août 2019. — Michel Euler/AP/SIPA

Attention, chantiers potentiellement explosifs. Alors que le chômage ne reflue presque pas et en plein milieu d’annonces budgétaires qui suscitent du mécontentement, toutes les organisations de salariés et d’employeurs seront reçues d’ici le début de la semaine prochaine.

Mi-juillet, le président Emmanuel Macron, souvent accusé de contourner les corps intermédiaires, avait réuni leurs représentants tous ensemble pour leur exposer la suite des réformes.

Nouveaux venus et habitués

Parmi les nouveaux venus dans le paysage économique et social : le successeur de Pierre Gattaz à la tête du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, mais aussi Pascal Pavageau, qui a succédé à Jean-Claude Mailly à la tête de Force ouvrière.

Philippe Martinez (CGT) et Philippe Louis (CFTC) ouvriront le bal à Matignon mercredi après-midi, suivis jeudi par Pascal Pavageau (FO), François Hommeril (CFE-CGC), Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), Alain Griset (U2P, artisans, commerçants et professions libérales). François Asselin (CPME) et Eric Beynel (Solidaires) iront vendredi. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sera reçu la semaine prochaine.

Bonus-malus et dégressivité des indemnités chômage

Officiellement au menu : la réforme de l’assurance chômage puisqu’à la surprise générale Emmanuel Macron a demandé que ce sujet soit rouvert et que soient révisées les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Pourtant, la loi « avenir professionnel » adoptée par le Parlement cet été comprend un volet sur l’assurance chômage. Mais la réforme n’était pas « systémique », c’est-à-dire qu’elle appelait des mesures plus profondes, a défendu Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

Le gouvernement assure que si la négociation n’aboutit pas sur l’instauration d’un bonus-malus pénalisant les entreprises qui abusent des contrats précaires, il le mettra en place. Cette menace plane sur le patronat, hérissé par la mesure, depuis le début du quinquennat puisqu’il s’agit d’une promesse du candidat Macron.

« Je ne suis pas choqué par le fait qu’on nous demande de renégocier ce qui a été négocié il y a moins d’un an, c’est un enjeu très important, par contre il ne s’agit pas de renégocier à la marge ce qu’on a négocié il y a moins d’un an, sinon ça ne sert à rien », a expliqué le nouveau patron du Medef quelques heures avant l’ouverture de son université d’été.

Refonte de « l’organisation du système d’indemnisation des arrêts maladie »

Autre sujet de discussion : la santé au travail, thème sur lequel les partenaires sociaux pourraient négocier dans les prochaines semaines et « l’organisation du système d’indemnisation des arrêts maladie ».

S’il a écarté l’idée, combattue par le patronat, d’un « transfert brutal » du financement des arrêts de courte durée de la Sécurité sociale vers les entreprises, Edouard Philippe souhaite que les partenaires sociaux trouvent des solutions pour que l’absentéisme cesse d’augmenter.

Muriel Pénicaud, qui sera présente avec la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à ces rencontres, avait pris la plume pour dénoncer ce projet susceptible « de mettre un coup d’arrêt net à la perception d’un gouvernement "pro-business" », selon L’Express.

Après la remise mardi d’un rapport par la députée LREM Charlotte Lecocq sur la santé au travail et notamment la prévention, CGT, FO et Unsa se sont montrés critiques. « Les conclusions de ce rapport vont alimenter les réunions bilatérales avec les partenaires sociaux en vue de l’élaboration d’un programme de travail en matière sociale », a fait savoir mardi le Premier ministre.

Arbitrages budgétaires contestés

Mais outre ces deux thèmes, les annonces budgétaires faites dimanche vont sans doute s’inviter dans le bureau d’Edouard Philippe. L’augmentation très modérée des pensions de retraite, des allocations familiales et allocations logement va pénaliser les plus précaires et sera inefficace pour lutter contre le chômage, ont protesté la CFDT, la CGT et FO.

« A travers ces sujets budgétaires se pose à nouveau la question du projet de société, du modèle économique, social et environnemental que le gouvernement entend porter et avec qui », s’est interrogé de son côté l’Unsa, à quelques mois d’une autre réforme d’ampleur : celle des retraites.

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