Muriel Pénicaud à Aix-en-Provence, le 7 juillet 2018.
Muriel Pénicaud à Aix-en-Provence, le 7 juillet 2018. — J.Lopez/KAYAK/SIPA

INDEMNITES

Muriel Pénicaud s'oppose au financement des arrêts maladie par les entreprises

Cette mesure obligerait les entreprises à financer les arrêts maladies de leur employés...

Faire payer les entreprises pour des arrêts maladies de courte durée ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est dite opposée à ce projet qui est dans les cartons du gouvernement, selon une lettre révélée ce jeudi par L’Express.

Le quotidien Les Echos indiquait début août que l’exécutif envisageait de faire prendre en charge par les entreprises, à la place de la Sécurité sociale, quatre jours d’indemnités journalières pour les arrêts de moins de huit jours. Un projet auquel le patronat s’est vivement opposé. Visiblement, l’idée n’enchante pas non plus Muriel Pénicaud.

Responsabiliser les entreprises

Dans une lettre du 24 juillet envoyée au Premier ministre, elle bat en brèche l’argument selon lequel cela responsabiliserait les entreprises, si la hausse des arrêts maladie est due à une détérioration des conditions de travail. Une idée défendue notamment par sa collègue de la Santé Agnès Buzyn. « Ce présupposé n’est pas documenté de façon robuste et sérieuse par la littérature économique », tranche Muriel Pénicaud.

Le projet « risque », par ailleurs, « de mettre un coup d’arrêt net à la perception d’un gouvernement "pro-business" », s’inquiète-t-elle. « C’est "l’effet ordonnances travail" et fiscalité pro-investissement qu’on risque de mettre à bas », ajoute la ministre.

Une solution ultime

Muriel Pénicaud aurait recommandé, si le gouvernement n’abandonnait pas son projet, de « présenter ce transfert comme une solution ultime » si vraiment les partenaires sociaux ne trouvent pas « une autre source d’économies par la négociation ».

Une stratégie similaire a été, un temps, utilisée par le gouvernement sur le sujet du bonus-malus sur les contrats courts, autre projet vilipendé par le patronat. Contacté par l’AFP, le cabinet de Muriel Pénicaud n’a pas souhaité commenter ces déclarations.