Le salaire du nouveau boss d'Air France-KLM fait déjà polémique (et ce n'est pas le premier grand patron à qui ça arrive)

POLEMIQUE La rémunération totale de Benjamin Smith, nouveau patron d'Air France-KLM devrait tripler. Une mesure très critiquée. Un nouvel exemple des polémiques que suscitent régulièrement les salaires des grands patrons en France... 

20 Minutes avec AFP

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Des avions Air France posés sur le tarmac d'un aéroport (image d'illustration).
Des avions Air France posés sur le tarmac d'un aéroport (image d'illustration). — Mario FOURMY/SIPA

A peine nommé, le directeur général d’Air France-KLM  Benjamin Smith a vu le montant de sa rémunération critiquée.

Un nouvel exemple des polémiques que suscitent régulièrement les salaires des grands patrons en France. Hausses de salaire généreuses, bonus exceptionnels, plans de stock-options avantageux (bons d’achats d’actions à des conditions favorables), fortes indemnités de départ (« parachutes dorés ») ou prime de bienvenue : rappel des principales polémiques de ces dernières années.

  • Air France-KLM

Selon plusieurs médias, la rémunération totale - incluant part fixe, part variable et éventuels bonus différés - de Benjamin Smith, jusqu’ici numéro 2 d’Air Canada, a été triplée par rapport à celle de son prédécesseur Jean-Marc Janaillac, à plus de 3 millions d’euros par an. En 2017, le salaire fixe de Jean-Marc Janaillac s’élevait à 600.000 euros.

Si la compagnie aérienne, secouée au printemps par un mouvement de grève pour obtenir une revalorisation des salaires des employés, n’a pas voulu commenter ces éléments, ils n’ont pas manqué de faire réagir, le député UDI Bertrand Pancher jugeant dans Le Parisien le montant évoqué « déplorable pour l’image de la compagnie auprès de ses salariés et des Français en général ». Même son de cloche chez les syndicats comme FO.

  • Carrefour

En juin 2018, l’ancien patron de CarrefourGeorges Plassat renonce à une indemnité de départ de près de 4 millions d'euros, sous la pression du gouvernement après l’indignation des syndicats, et compte tenu des déboires du groupe français de distribution. Les actionnaires du groupe avaient approuvé à 68 % l’octroi à Georges Plassat d’une rémunération de 13,17 millions d’euros en 2017, qui comportait une indemnité de départ sous la forme d’un engagement de non-concurrence.

  • Passage en force à Renault

Le 29 avril 2016, l’assemblée générale des actionnaires de Renault rejette par 54 % des voix le niveau de rémunération du PDG Carlos Ghosn fixé pour l’exercice 2015 à un total de 7,25 millions d’euros, en hausse de 0,49 % sur 2014. Mais ce vote n’est que consultatif et le conseil d’administration du groupe avalise le salaire de son patron en arguant de la « qualité des résultats de l’année 2015 ». En février 2018, Carlos Ghosn accepte de baisser sa rémunération de 30 %, une condition imposée par l'Etat afin qu'il lui apporte son soutien à sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans.

  • Doublement à PSA

Le 29 mars 2016, l’AG du groupe automobile PSA (marques Peugeot, Citroën…) approuve à 76,53 % le quasi-doublement du salaire du président du directoire, Carlos Tavares, à 5,24 millions d’euros, grâce à une part variable dopée par le redressement spectaculaire du groupe. La hausse provoque un tollé parmi les syndicats, tandis que le ministre de l’Economie de l’époque, Emmanuel Macron, estime que Carlos Tavares a « tort de faire abstraction de la sensibilité des Français sur ce sujet ».

  • Parachute doré à Alcatel-Lucent

En août 2015, un parachute doré de 14 millions d'euros sur trois ans est offert à Michel Combes par l’équipementier télécom Alcatel-Lucent à l’occasion de son départ pour la direction de Numéricable-SFR. Après plusieurs jours de polémiques, et sous la pression combinée du patronat, de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et du gouvernement, Alcatel-Lucent décide de réduire de près de moitié la prime.

  • Prime de bienvenue à Sanofi

En février 2015, syndicats et petits actionnaires s’élèvent contre la prime de bienvenue de 4 millions d'euros reçue par le nouveau directeur général, Olivier Brandicourt, en compensation des avantages auxquels il a renoncé en quittant son précédent employeur, le groupe allemand Bayer. A cette somme s’ajoutent près de trois millions d’euros versés par Sanofi à son prédécesseur, Chris Viehbacher, comme indemnité après son éviction. Porte-parole du gouvernement de Manuel Valls, Stéphane Le Foll juge ces pratiques « incompréhensibles ».

  • Retraite chapeau à PSA

Le terme de « retraite chapeau » désigne des rémunérations disparates versées le plus souvent aux cadres de très haut niveau après leur départ de l’entreprise. En novembre 2013, le patron sortant de PSA Philippe Varin renonce aux 21 millions d'euros prévus par le constructeur pour sa retraite chapeau face à l’avalanche de critiques alors qu’il s’apprête à céder la direction du groupe automobile en difficulté. Il finira tout de même par toucher une retraite chapeau de près de 300.000 euros, révèlera en mai 2015 le site Deontofi.com.

  • Stocks-options à la Société Générale

En mars 2009, la banque annonce que ses quatre principaux dirigeants vont recevoir un total de 320.000 stocks-options au titre de l’exercice 2008. L’annonce déclenche un tollé alors que la Société Générale a bénéficié de l’aide de l’Etat pour traverser la crise financière. Les dirigeants renoncent à ces stocks-options, sous pression du gouvernement de François Fillon qui menace de légiférer sur le sujet.