Air France-KLM: Le Canadien Benjamin Smith comme nouveau patron? Les syndicats montent au créneau

TRANSPORT La rémunération du probable futur patron d'Air France dépasserait les trois millions d'euros par an...

20 Minutes avec AFP

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Benjamin Smith est pressenti pour devenir le nouveau patron d'Air France-KLM
Benjamin Smith est pressenti pour devenir le nouveau patron d'Air France-KLM — HO / AIR CANADA / AFP

Ils n’en veulent pas. Neuf syndicats d’Air France se sont opposés jeudi à la nomination d’un « dirigeant étranger » à la tête du groupe Air France-KLM, tandis que se profile la nomination du Canadien Benjamin Smith, jugé « excellent » par le gouvernement français.

« Inconcevable »

Ben Smith, numéro deux d’Air Canada, a un « excellent profil », a affirmé jeudi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui a indiqué que le conseil d’administration « se prononcera ce soir » (jeudi). « Je peux vous dire que le représentant de l’Etat votera en faveur de cette nomination », a dit Bruno Le Maire, interrogé sur les informations de presse selon lesquelles Benjamin Smith sera nommé.

L’intersyndicale de la compagnie, qui a mené 15 journées de grève depuis février pour les salaires, juge « inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent », dans un communiqué transmis jeudi. L’allusion vise Delta Airlines, compagnie américaine possédant 8,8 % du capital d’Air France-KLM. L’Etat français est lui actionnaire à hauteur de 14,3 %.

L’intersyndicale a mené 15 journées de grève sur plusieurs mois pour obtenir 6 % d’augmentation générale, puis 5 %, au nom des efforts fournis par le personnel pour redresser l’entreprise, désormais dans le vert. Elle se réunira le 27 août, selon le communiqué, pour «déterminer les actions qu'elle mènera dès la rentrée afin d'obtenir la fin du blocage qu'elle dénonce depuis des mois».

Un très, très gros salaire

Le candidat à la succession de Jean-Marc Janaillac, PDG démissionnaire en mai après un vote-sanction du personnel sur les salaires, doit faire sienne « la défense des intérêts de notre compagnie nationale » et avoir « une connaissance fine (…) du modèle social français », affirme l’intersyndicale.

« Nous avons toujours dit que nous voulions pour Air France le meilleur dirigeant possible », a estimé le ministre Le Maire. « Nous avons défini une feuille de poste comme actionnaire de 14 % du groupe Air France. Dans cette feuille de poste, il y avait d’abord la bonne connaissance du secteur aérien (et) de la compétition internationale. Et nous voulions avoir une personnalité qui a déjà fait ses preuves dans une grande compagnie aérienne », a rappelé le ministre.

« La personnalité qui est envisagée aujourd’hui pour prendre la direction d’Air France remplit ces trois conditions », a-t-il souligné. « Il a réussi la transformation d’une grande compagnie, Air Canada ». « Nous souhaitons tourner la page le plus vite possible du conflit chez Air France, fleuron national. Il faut tourner la page du conflit et des grèves et fixer une stratégie. Air France doit renouer avec sa compétitivité et le dialogue social », a encore dit le ministre.

Mais le salaire de Benjamin Smith risque de faire tiquer en interne. Selon Libération, sa rémunération globale attendrait 3,3 millions d’euros par an, trois fois plus élevée que celle de son prédécesseur. FO n’a pas manqué de réagir.