Les sanctions américaines contre l'Iran gèlent l'envoi de vaches normandes à Téhéran

IRAN Les sanctions américaines adoptées contre l'Iran menacent un projet d'envoi de vaches normandes vers une chaîne d'abattoirs de Téhéran... 

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un troupeau de vaches de race pie noire.
Illustration d'un troupeau de vaches de race pie noire. — J. Gicquel / 20 Minutes

Des milliers de vaches normandes qui devaient s’envoler vers Téhéran risquent bien de rester sur place. En cause ? Le rétablissement des sanctions américaines contre l'Iran, dont l’impact concret se fait ressentir sur la filière viande.

« Ce projet vise à alimenter l’un des plus grands abattoirs d’Iran avec des vaches françaises » et représente « dix ou quinze millions d’euros », mais pourrait être « abandonné » déplore Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne.

Envoyer chaque année 10.000 à 20.000 jeunes bovins originaires de Normandie

Un contrat avait été signé en 2016, sous l’impulsion, notamment, de l’élue normande, alors que le projet a bénéficié du soutien de la région Normandie. Après l’accord sur le nucléaire iranien, une puissante chaîne d’abattoirs, Seamorgh, souhaitait acquérir des vaches normandes, pour « remonter une filière bovine de qualité » au Moyen-Orient, selon ses explications.

A terme, l’objectif est d’envoyer chaque année 10.000 à 20.000 jeunes bovins originaires de Normandie – essentiellement d’espèce charolaise – en direction d’un abattoir près de Téhéran, ce qui représente la première importation de viande vivante étrangère depuis la révolution islamique.

Un avertissement de Donald Trump

Les espoirs des agriculteurs normands concernés – après l’envoi test réussi en octobre 2017 – ont été douchés par le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire, et les sanctions économiques américaines rétablies mardi.

Celles-ci comprennent notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, pour les entreprises continuant à commercer avec l’Iran. « Quiconque fait des affaires avec l’Iran ne fera PAS d’affaires avec les Etats-Unis », a averti mardi Donald Trump sur Twitter.

En conséquence, les banques françaises engagées dans le projet normand « refusent maintenant l’argent iranien », présenté sous forme de lettres de crédit. « On se retrouve sans banque, et pratiquement sans partenaire technique », résume Nathalie Goulet. Mais si le projet normand est « en suspens », il n’est « pas abandonné » selon le président de la région Normandie Hervé Morin.

« Nous attendons les détails de l’embargo et la réaction européenne », mais « si les banques françaises refusent de participer », des circuits financiers alternatifs, comme des « banques étrangères » pourraient être envisagés, précise-t-il.