Départ de l’emblématique patronne de PepsiCo, rare femme PDG d’une multinationale américaine

DEPART PepsiCo a annoncé ce lundi le départ de sa patronne Indra Nooyi, une des rares femmes à diriger une multinationale américaine…

Marie De Fournas

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Indra Nooyi a passé 24 ans dans le groupe PepsiCo, dont 12 à sa tête
Indra Nooyi a passé 24 ans dans le groupe PepsiCo, dont 12 à sa tête — Erik Pendzich/Shutterst/SIPA

Après avoir passé 12 ans à sa tête, la patronne de PepsiCo quitte le groupe. « Ayant grandi en Inde, je n’aurais jamais imaginé avoir l’opportunité de diriger une entreprise aussi extraordinaire », a déclaré Indra Nooyi, arrivée aux Etats-Unis en 1978 grâce à une bourse de la prestigieuse université de Yale. Elle sera remplacée le 3 octobre par Ramon Laguarta, un cadre dirigeant de la société, mais restera présidente du conseil d’administration jusqu’au début de l’année 2019 pour assurer la transition.

« Comme directrice générale, elle a fait croître notre chiffre d’affaires de plus de 80 % […], et ajouté une nouvelle marque à un milliard de dollars quasiment tous les deux ans », a assuré Ian Cook, un membre du conseil d’administration. L’emblématique patronne de 62 ans laisse un groupe ayant réalisé un chiffre d’affaires de 63,5 milliards de dollars l’an dernier et pesant près de 165 milliards en Bourse.

Seulement 25 femmes sont PDG de grosses entreprises cotées à Wall Street

Indra Nooyi était une des rares femmes à la tête d’une grande entreprise américaine. Selon le cabinet Catalyst, seules 5 % des 500 grosses entreprises cotées à Wall Street sont dirigées par des femmes, soit 25 PDG.

Elle est aussi connue pour ses opinions politiques. Pendant la dernière campagne présidentielle, elle avait pris parti pour la démocrate Hillary Clinton. Après l’élection de Donald Trump, elle avait relayé les craintes de certains de ses employés en déclarant lors d’un colloque à New York : « Nos employés, en particulier ceux qui ne sont pas blancs ou qui sont LGBT, demandent : "Sommes-nous en sécurité ?" ».

Scission dans l’entreprise

Lorsqu’elle prend les commandes de PepsiCo en octobre 2006, elle fait la promesse de diversifier l’entreprise pour la rendre moins dépendante de ses sodas (Pepsi…), de ses boissons énergisantes (Gatorade) ainsi que de ses chips Doritos. Par la suite, PepsiCo investit à tout-va dans les produits nutritifs et acquiert 50 % du capital du fabricant de houmous Sabra en 2008 et forme une coentreprise avec le géant agroalimentaire saoudien Almarai en 2009. La même année, le groupe met la main sur le fabricant de boissons brésilien à l’eau de noix de coco Amacoco. En 2010, la société acquiert pour 5,4 milliards de dollars le groupe laitier russe Wimm-Bill-Dann.

En 2011 le financier américain Nelson Peltz fait son entrée au capital du groupe via son fonds Trian. Jugeant que la diversification ne rapporte pas assez, il exige que PepsiCo se scinde en trois entités indépendantes : les sodas, l’activité d’embouteillage et les snacks. Indra Nooyi s’y oppose et procède à des coupes pour choyer les actionnaires avec de juteux dividendes et programmes de rachat d’actions. Las, Nelson Peltz vend sa participation en 2016, mais la scission de l’entreprise reste d’actualité.

PepsiCo, comme Coca-Cola, se repose beaucoup sur l’augmentation de ses prix et l’introduction de nouveaux contenants afin d’arrêter l’érosion du chiffre d’affaires des sodas.

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