Haute-Garonne: Le premier rayon d'objets d'occasion ouvre dans un Leclerc ce samedi

CONSO Ce samedi, un hypermarché se lance dans la vente de produits d’occasion. Un moyen de fidéliser sa clientèle et de résister à la vente sur Internet…

Beatrice Colin

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Au magasin Leclerc Roques, les gens viennent se faire reprendre contre des chèques cadeaux leurs produits d'occasion.
Au magasin Leclerc Roques, les gens viennent se faire reprendre contre des chèques cadeaux leurs produits d'occasion. — B. Colin / 20 Minutes
  • Le magasin Leclerc Roques ouvre le premier rayon de vente de produits d’occasion, non alimentaires.
  • Les clients sont payés en carte-cadeau à utiliser dans le magasin sur tous les rayons.
  • Un moyen de contrer la concurrence sur Internet et de fidéliser la clientèle, au moment où le système de revente d’objets explose en ligne.

Au cœur de la grande distribution, où les produits sont tout droit sortis d’usine, les consommateurs vont découvrir à partir de samedi un rayon pour le moins inattendu. A Roques-sur-Garonne, au sud de Toulouse, le patron du Leclerc a décidé d’innover en ouvrant le premier rayon d’objets d’occasion.

Livres, vélos, bijoux, télés et autres consoles de jeux vont s’entasser sur une zone de 420 m2, bien en vue dans ce magasin qui fut déjà à l’origine du concept d’Express Drive de l’enseigne. Une idée de faire du neuf avec du vieux qui n’est pas venue par hasard.

Concurrence d’Internet

Depuis plusieurs années, la grande distribution doit faire face à la concurrence d’Internet. « Nous perdons de l’argent sur le rayon bazar-technique. Les gens viennent chez nous pour avoir des informations et achètent après en ligne. Ce nouveau concept nous permet de dire aux clients : on ne peut pas être moins cher qu’internet, mais nous, on vous rachète votre TV », explique François-Paul Payraudeau, le directeur du magasin.

Sur le modèle des magasins spécialisés, Leclerc Roques achète à ses clients des produits en ayant pour référence l’argus des Planet-Cash avec qui ils ont signé un partenariat. « On paie les produits systématiquement plus chers, comme ça, ils ont tendance à revenir, car on sait que nos fournisseurs sont nos clients », poursuit François-Paul Payraudeau.

Payés en carte cadeau

Par contre, ici pas de liquide versé, mais des chèques cadeaux valables aussi bien sur l’alimentation que sur la parapharmacie du magasin. Le client redevient ainsi client. Excepté pour les bijoux en or dont la vente fera l’objet d’un virement.

Reçus dans un local attenant au magasin, les clients se pressent pour venir déposer leurs objets. Edwige et Amaury ont avec eux deux sacs remplis de chaîne hi-fi et autres Blu-ray qu’ils n’utilisent plus. « Ça prenait la poussière chez nous, on s’est dit que c’était l’occasion et puis l’avantage c’est qu’avec ces chèques cadeaux, on peut faire ses courses, c’est moins contraignant que les bons d’achat des magasins spécialisés », explique le couple.

« C’est aussi moins intrusif que les sites de petites annonces où vous devez répondre à des coups de fils, sans compter le temps passé à remplir l’annonce. Et la vente est immédiate », poursuit Sandrine Massardier, responsable du rayon qui a en stock des vieilles consoles de jeux ou de vieux ordinateurs vintage.

Et à l’heure de sauver la planète, donner une seconde vie aux objets, c’est aussi très tendance. Mais pas n’importe quel objet. Aucun vêtement ne sera vendu, ni mobilier, encore moins de produits alimentaires, d’hygiène ou de sécurité comme les casques de moto qui pourraient avoir reçu un choc. Lors de leur revente, le magasin assure en effet ses produits d’occasion, un an.