Forte grève attendue chez Ryanair mercredi et jeudi, 100.000 passagers touchés

SOCIAL Les syndicats ont appelé à cesser le travail en Espagne, au Portugal et en Italie...

20 Minutes avec AFP

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Un Boeing de la compagnie Ryanair, le 5 juillet 2018.
Un Boeing de la compagnie Ryanair, le 5 juillet 2018. — Kalousek Rostislav/AP/SIPA

600 vols annulés. 100.000 passagers touchés. Un bras de fer avec la direction. Au plus fort de la saison touristique, les hôtesses et stewards de Ryanair sont appelés à faire grève mercredi et jeudi en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Italie, conduisant la compagnie à annuler 600 vols. Cinq syndicats ont demandé aux personnels de cabine de cesser le travail dans ces pays pendant deux jours, obligeant Ryanair à contacter 100.000 passagers pour leur proposer un changement de vol ou un remboursement complet. Selon la compagnie irlandaise à bas prix, «90% des passagers concernés ont été transférés sur un autre vol».

L'Espagne - deuxième destination touristique au monde derrière la France - est le pays le plus touché. La compagnie a prévu que la grève pouvait y affecter «jusqu'à 200 des 830 vols quotidiens» qu'elle opère. Au Portugal comme en Belgique, Ryanair a estimé que le mouvement pouvait toucher 50 vols quotidiens.

Les syndicats n'ont «pas peur»

En Espagne, les syndicats ont assuré ne pas craindre les menaces de suppressions d'emploi lancées la veille par la compagnie à bas coût. «Environ 20% des revenus de Ryanair viennent de sa base espagnole. Sincèrement, c'est une menace parce que c'est le style de Ryanair mais cela ne nous fait absolument pas peur», a déclaré à la presse Monique Duthiers, présidente du syndicat SITCPLA, juste avant le début d'une ultime réunion de négociation organisée par le gouvernement espagnol.

«Si ce n'est pas Ryanair, ce sera une autre entreprise qui nous donnera du travail, car nous sommes un pays intéressant» commercialement, a ajouté Ernesto Iglesias du syndicat USO-aérien.

L'Espagne était en 2017 après la France le deuxième pays le plus touristique au monde, avec 82 millions de visiteurs.

«Harcèlement»

Les syndicats demandent à la compagnie d'appliquer la législation de chacun des pays où elle emploie du personnel, et exigent les mêmes conditions de travail pour les salariés sous contrat et les intérimaires. Ryanair n'entend n'appliquer que la législation irlandaise parce que ses avions sont immatriculés en Irlande et que la majeure partie du travail effectué par son personnel a lieu à bord de l'avion.

Face à un malaise social grandissant, la compagnie a signé pour la première fois ces derniers mois plusieurs accords de reconnaissance de syndicats mais les négociations restent difficiles dans certains pays. Des syndicalistes ont dénoncé une forme de «harcèlement» de la part de Ryanair, qui a prévenu lundi que la poursuite des grèves pourrait à terme la pousser à revoir son calendrier hivernal, «ce qui pourrait entraîner une réduction des flottes» d'avions, mais aussi des «pertes d'emplois»

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