Les bons chiffres de la croissance et de l'emploi ne sont «pas liés au paquet fiscal»

ECONOMIE Alexander Law relativise l'autocongratulation de Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy...

Catherine Fournier

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Dans une conjoncture économique morose plombée par la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont réjouis jeudi de l'éclaircie apparue sur la croissance, révisée à la hausse pour 2007 et en pleine accélération au premier trimestre 2008.
Dans une conjoncture économique morose plombée par la crise financière internationale, Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont réjouis jeudi de l'éclaircie apparue sur la croissance, révisée à la hausse pour 2007 et en pleine accélération au premier trimestre 2008. — Patrick Hertzog AFP
Plus de croissance, plus de créations d'emplois que prévu (lire encadré ci-contre), les bonnes nouvelles économiques de ces derniers jours sont reprises en chœur par le gouvernement. A Bercy, Christine Lagarde a estimé que ce «dynamisme confirmait la résistance de l'économie française dans un contexte international difficile marqué par la hausse des cours du pétrole et de l'euro». Et ce, grâce aux «mesures que l'on a prises cet été», à savoir le «paquet fiscal».

Nicolas Sarkozy a pour sa part brocardé ce vendredi «tous ceux qui expliquaient que tout était foutu», lors d'un déplacement en Seine-et-Marne consacré à l'emploi.

Contacté par 20minutes.fr, Alexander Law, économiste à l'institut Xerfi, est plus sceptique quant aux effets réels de la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (Tepa) sur les bons chiffres de l'année 2007. «Il ne faut pas oublier que le trimestre qui a été le plus dynamique en matière de créations d'emplois est le premier (118.500, ndlr). Le succès en revient donc au gouvernement Villepin», explique-t-il à 20minutes.fr

«On a mangé notre pain blanc»

Par ailleurs, ajoute-t-il, «les bons chiffres de la croissance au premier trimestre 2008 (+0,6%) sont plutôt liés aux investissements des entreprises, tirées par la bonne tenue de la conjoncture européenne, et plus particulièrement allemande.» Selon le spécialiste, «le paquet fiscal a permis, au mieux, de limiter la casse en ce qui concerne la consommation des ménages qui est restée positive (+0,1% au premier trimestre) alors qu'elle aurait pu tomber dans le rouge».

Les économistes prédisent toutefois un net ralentissement dès le deuxième trimestre, avec une croissance à «0,2%» et des créations d'emplois salariés en berne. «On a mangé notre pain blanc, mais les chefs d'entreprise commencent à sentir les effets de la crise financière», conclut Alexander Law.
Chiffres Le ministère de l'Emploi annonce sur son site ce vendredi la création de 63.000 postes dans le secteur marchand et non marchand, au lieu des 47.100 annoncés en mars. Soit 352.000 emplois salariés créés en 2007. Même si les chiffres marquent un fléchissement au premier trimestre 2008 (+39.400 postes seulement), la courbe reste néanmoins bien orientée.