L'Union européenne et le Japon signent un accord commercial pour faire barrage au protectionnisme de Trump

PACTE Le nom de Donald Trump n'a pas été mentionné, mais cet accord se veut un barrage contre les menaces de protectionnisme du président américain...

20 Minutes avec AFP

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Au Japon, Shinzo Abe, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker viennent de signer un vaste accord de libre-échange, le 17 juillet 2018.
Au Japon, Shinzo Abe, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker viennent de signer un vaste accord de libre-échange, le 17 juillet 2018. — Martin BUREAU / POOL / AFP

Face à la guerre commerciale imposée par Donald Trump dans le monde, l’Union européenne et le Japon font bloc. Les deux entités ont signé ce mardi à Tokyo un vaste accord de libre-échange qui se veut un message contre le protectionnisme.

« Nous célébrons la signature d’un accord commercial extrêmement ambitieux entre deux des plus grandes économies du monde », ont déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk. Tous trois saluent un « jour historique » dans un communiqué. « Nous envoyons un message clair disant que nous faisons front commun contre le protectionnisme », a déclaré Donald Tusk.

Bœuf, fromage et voitures

Sans jamais mentionner le nom de Donald Trump, les trois dirigeants ont longuement insisté sur leur rôle de porte-drapeau du libre-échange au moment où le président américain fait planer la menace d’une guerre commerciale. Baptisé Jefta (Japan-UE free trade agreement), ce pacte, le plus important jamais négocié par l’UE, porte sur une zone de libre-échange couvrant près d’un tiers du produit intérieur brut mondial et plus de 600 millions d’habitants.

Côté européen, le secteur agroalimentaire sort grand vainqueur des discussions. Au final, 85 % des produits agroalimentaires de l’UE pourront entrer au Japon sans droits de douane, mais parfois à l’issue de périodes de transition. D’autres, comme le bœuf, verront les taxes imposées progressivement réduites. Le riz, un produit hautement symbolique pour les Japonais, est exclu de l’accord.

Tokyo s’engage à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d’Ardenne belge ou la vodka polonaise, qui bénéficieront « du même niveau de protection qu’en Europe ».

Un manque de transparence

Les négociations ont été particulièrement complexes sur les produits laitiers, secteur sensible pour Tokyo. L’accord éliminera les droits de douane très élevés sur plusieurs fromages. Les Japonais obtiennent de leur côté un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, mais seulement à l’issue d’une période transitoire de plusieurs années. Cet accord comprendra aussi un chapitre sur le développement durable.

Le texte, qui marque l’aboutissement de discussions ouvertes en 2013, doit être soumis d’ici la fin de l’année au Parlement européen en vue d’une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement. Il ne passera pas en revanche par chacun des Parlements nationaux, une méthode vivement critiquée par les ONG, qui dénoncent un manque de transparence.

Cette entente se fait « aux dépens de la démocratie, des droits sociaux et de la protection de l’environnement et du climat », estime l’organisation Greenpeace.