Le patron d'Airbus tacle le gouvernement britannique sur le Brexit et l'accuse de n'avoir aucun plan

ECONOMIE Tom Enders a indiqué ce vendredi que le gouvernement de Thérèsa May n'avait  «aucune idée» de ce qu'il faisait sur le Brexit...

B.C. avec AFP

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Tom Enders, le patron de l'avionneur européen Airbus.
Tom Enders, le patron de l'avionneur européen Airbus. — PASCAL PAVANI / AFP

L’avenir dira s’il a raison. Vendredi, le président exécutif d’Airbus, Tom Enders, est à nouveau sorti de sa réserve pour tacler le gouvernement britannique sur la question du Brexit.

Pour ce capitaine d’industrie, qui emploie 15.000 personnes sur ses 25 sites du Royaume-Uni, les responsables britanniques ont « l’air de n’avoir aucune idée de ce qu’ils font, ou tout au moins ne sont pas d’accord » sûr qu’il faudrait faire pour bien organiser leur sortie de l’Union européenne

Cette déclaration intervient alors que se tient ce vendredi une réunion du cabinet de la Première ministre britannique pour déterminer la future relation souhaitée avec l'Union européenne, neuf mois avant le Brexit prévu fin mars 2019.

Au sein même de l’exécutif britannique, la question serait loin de faire l’unanimité, certains étant partisans d’un divorce clair avec rétablissement des contrôles douaniers, comme le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson. D’autres, d’un partenariat plus souple avec l’Union.

Maintien dans l’union douanière

Tom Enders prône de son côté un maintien du Royaume-Uni « dans l’union douanière, les institutions de régulation, l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne et la Cour de Justice Européenne » pour minimiser les dégâts du Brexit.

Et d’ajouter : « Mais détrompez-vous, le Brexit, qu’il soit dur, mou, léger ou propre, qu’importe comment vous l’appelez, causera des dégâts à l’industrie aéronautique et à d’autres, et causera des dégâts au Royaume-Uni », a indiqué le patron d’Airbus.

« Une autre chose qui nous trouble est la possibilité que le Royaume-Uni ne fasse plus partie de l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne » en cas de Brexit sans accord, a-t-il continué. « Si cela advient, dès avril prochain les certifications de milliers de parties de nos avions ne seraient plus valables, ce qui pourrait mener à un arrêt de notre production ».

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