Olivier Clanchin, le PDG du groupe Triballat Noyal, propriétaire de la marque Sojasun, installée à Châteaubourg.
Olivier Clanchin, le PDG du groupe Triballat Noyal, propriétaire de la marque Sojasun, installée à Châteaubourg. — C. Allain / 20 Minutes

AGROALIMENTAIRE

Rennes: Sojasun, l’histoire d’une laiterie devenue végétarienne il y a plus de trente ans

L’entreprise était pionnière dans l’élaboration de produits à base de soja...

  • L’entreprise Sojasun fête ses 30 ans cette année. Elle a été fondée en 1988 par la famille Clanchin, propriétaire de la laiterie Triballat.
  • Installée à Châteaubourg, près de Rennes, elle produit 28.000 tonnes de desserts à base de soja et des boissons.
  • Le site fonctionne à 80 % de son rendement et mise sur ses innovations pour progresser.
  • Sojasun espère surfer sur la tendance végétarienne et vegan.

« On n’a pas le droit de dire que ce sont des yaourts. On parle d’entremets ou de desserts ». Olivier Clanchin a l’air tranquille. Le patron de l’entreprise Triballat Noyal regarde les pots défiler sur la ligne de production. Sur son site de Châteaubourg, à l’Est de Rennes, sa société Sojasun voit chaque année sortir 28.000 tonnes de desserts. Particularité ? Tous sont entièrement composés de matières végétales, en grande partie du soja.

Le site de production du groupe Triballat Noyal, propriétaire de la marque Sojasun, installée à Châteaubourg.
Le site de production du groupe Triballat Noyal, propriétaire de la marque Sojasun, installée à Châteaubourg. - C. Allain / 20 Minutes

Commercialisés en grande distribution, ils trouvent aujourd’hui un écho dans la mouvance de défense du bien-être animal. Au point de voir le marché saturer. « Tout le monde s’invite à la fête », glisse le PDG. Son entreprise n’a pas attendu l’émergence de la mouvance vegan pour faire le pari du végétal. Ses parents ont eu l’idée de mettre au point des desserts et boissons à base de lait de soja dans les années 1980. « C’est une femme qui visitait la laiterie lors de portes ouvertes qui leur en a parlé », rappelle Olivier Clanchin.

Un soja garanti sans OGM

Menacé par les quotas laitiers​, le couple s’est décidé à innover en mettant au point une recette venue de Chine. De vrais pionniers. « Ils ont testé pendant deux ans avant de se lancer en grande distribution en 1988 ». Les consommateurs ont répondu présents et le chiffre d’affaires de Sojasun a rapidement progressé, parfois de 12 % en un an.

Si la croissance s’est un peu tassée depuis le début des années 2000, la marque n’a pas cessé d’innover et affiche toujours un essor de 6 à 8 % chaque année. Elle a aussi mis en place sa propre filière d’approvisionnement en soja « pour éviter les OGM », précise Thierre Lengagne, directeur du site de Châteaubourg. Gourmande, elle en consomme 8.000 à 10.000 tonnes par an soit « un camion » par jour.

Fort de ses 150 salariés, Sojasun est le plus gros site du groupe Triballat, toujours installé dans la ville voisine de Noyal-sur-Vilaine. Fonctionnant à 80 % de sa capacité, il se verrait bien grandir encore, dans le sillage de nouvelles innovations. Du snacking sain avec un burger végétal, des boissons au soja à destination des jeunes ou du « fromage » à tartiner 100 % végétal.

« Il y a une prise de conscience des enjeux de santé et d’environnement. On a encore une grosse marge de progression », estime Christophe Pichot, responsable marketing de Sojasun. La France compterait 3 % de végétariens et 1 % de vegan selon une étude de Kantar Worldpanel.