Grèce: Accord des créanciers sur la dette et la sortie du plan d'aide

ECONOMIE Après huit ans de crise, Athènes voit le bout du tunnel...

20 Minutes avec AFP

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Alexis Tsipras est le cef du gouvernement grec depuis janvier 2015.
Alexis Tsipras est le cef du gouvernement grec depuis janvier 2015. — ludovic MARIN / AFP

Presque dix ans au bord du précipice. Les créanciers d’Athènes se sont entendus vendredi sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide, dont des mesures d’allégement de sa dette, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

« On a un deal sur la Grèce », a affirmé une source européenne peu après minuit, après plus de six heures de réunion à Luxembourg entre les ministres des Finances de la zone euro. Deux autres sources ont ensuite confirmé à l’AFP cet accord, qui permettra à Athènes de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers le 20 août prochain pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession.

Les discussions se sont prolongées car l’Allemagne a manifesté une résistance de dernière minute contre cet allégement de la dette grecque, dont le niveau reste le plus élevé de l’UE (180 % de son PIB).

10 ans de plus pour rembourser

Selon la source européenne, les ministres de la zone euro ont finalement convenu d’allonger de dix ans les échéances de remboursement d’une grande partie de cette dette, un dernier allégement jugé nécessaire pour assurer la crédibilité de la Grèce sur les marchés financiers.

Les Européens se sont également entendus vendredi sur le versement d’une toute dernière tranche d’aide, qui s’élèvera à 15 milliards d’euros, selon cette même source. Athènes sera, après sa sortie du programme, sous le coup d’une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l’Irlande.

En huit ans, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d’euros d’assistance de la part de ses créanciers, zone euro et Fonds monétaire international (FMI), au cours de trois programmes d’aide. En contrepartie, les Grecs ont été contraints de mettre en œuvre plusieurs centaines de réformes, souvent douloureuses, notamment pour assainir leurs finances publiques.

La croissance du PIB a atteint 1,4 % en 2017 et devrait encore progresser cette année (1,9 %) et l’an prochain (2,3 %). Dans le même temps, la Grèce affiche désormais un excédent budgétaire de 0,8 %, après avoir enregistré un déficit de 15,1 % en 2009.

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