Pourquoi la croissance française va nettement ralentir cette année

INDICATEUR Après avoir atteint 2,3% l'an dernier, la croissance française devrait nettement ralentir en 2018 pour s'établir à 1,7%...

20 Minutes avec AFP

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Achat de fournitures scolaires dans un hypermarché
Achat de fournitures scolaires dans un hypermarché — POUZET/SIPA

Ce n’est vraiment pas une nouvelle nouvelle pour le gouvernement. Après avoir atteint 2,3 % l’an dernier, la croissance française devrait nettement ralentir en 2018 pour s’établir à 1,7 %, un niveau moindre que celui espéré par le gouvernement, selon les prévisions de l’Insee publiées mardi. L'Institut national de la statistique se montre moins optimiste que la Banque de France, qui prévoit 1,8% de hausse du PIB, et que le gouvernement, qui table pour l’heure sur une hausse de 2 %.

Pâtissant notamment du regain des prix du pétrole, le Produit intérieur brut (PIB) tricolore, qui n’avait progressé que de 0,2 % sur les trois premiers mois de l’année, devrait augmenter de 0,3 % au 2ème trimestre puis de 0,4 % aux 3ème et 4ème trimestres, selon l’Insee.

Taux de chômage en baisse

Le taux de chômage devrait néanmoins continuer de diminuer, mais à un rythme moins important qu’en 2017, pour toucher 8,8 % de la population active fin 2018, contre 9 % fin 2017. Au total, 183.000 créations d’emplois sont attendues cette année, contre 340.000 l’an dernier.

« 2017 a été une année particulièrement ensoleillée pour la France et la zone euro », a souligné lors d’une conférence de presse Frédéric Tallet, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Institut. Avec une hausse de 2,3 % du PIB, la France avait enregistré l’an dernier sa plus forte croissance depuis 2007. Mais depuis, « certains nuages sont apparus », a poursuivi Frédéric Tallet.

Parmi eux, la forte remontée des prix du pétrole, le renforcement des tensions protectionnistes, les craintes sur la politique monétaire et l’inflation, ou encore les incertitudes politiques en Europe. Une consommation des ménages « atone » et l’impact des grèves dans les transports ont aussi pesé, selon l’Insee.

« La croissance est solide », selon Le Maire

Malgré tout, l’environnement international devrait rester porteur, grâce notamment à une activité économique « robuste » dans les pays émergents et à une croissance américaine fortement soutenue par la politique budgétaire très expansionniste de l’administration de Donald Trump, nuance l’organisme public.

Le ralentissement se ressentira notamment dans l’investissement des entreprises (+3,1 % contre +4,4 % en 2017) et la production de biens et services (+2 % contre +2,6 % en 2017). En revanche, les exportations devraient rebondir, portées par « des livraisons de grands contrats aéronautiques et navals ». De fait, le commerce extérieur devrait soutenir la croissance du PIB à hauteur de 0,5 point cette année, soit plus qu’en 2017 où il avait contribué à hauteur de 0,1 point de PIB. « La croissance est solide », a assuré lundi le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire devant des journalistes, ajoutant ne pas avoir « d’inquiétudes particulières » à ce sujet.