Assurance chômage: Les comptes de l'Unédic devraient atteindre l'équilibre en 2019

DETTES L’organisme qui calcule et distribue l’assurance chômage réussit peu à peu à combler sa dette contractée pendant la crise économique…

20 Minutes avec AFP

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Une illustration d'une agence Pôle emploi, avec qui travaille l'Unédic pour le versement de l'allocation chômage.
Une illustration d'une agence Pôle emploi, avec qui travaille l'Unédic pour le versement de l'allocation chômage. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

A l’Unédic, l’équilibre est prévu pour 2019, les excédents arriveront en 2020. En déficit depuis une décennie, l’assurance chômage voit « le bout du tunnel ». Une bonne nouvelle que les partenaires sociaux brandissent comme un gage de leur bonne gestion, au moment où l’exécutif veut reprendre la main.

« On voit un peu le bout du tunnel », a lâché Patricia Ferrand, présidente (CFDT) de l’organisme, devant la presse. Le régime est endetté depuis le début des années 2000 et n’a plus enregistré d’excédents depuis 2008, frappé de plein fouet par la crise. Les excédents attendus sont donc accueillis avec soulagement par les syndicats et le patronat, qui gèrent l’assurance chômage au sein de l’Unédic.

Ces bonnes prévisions « légitiment totalement », estime-t-elle, la gestion paritaire de l’assurance chômage. Selon le gestionnaire de l’assurance chômage, le déficit de l’assurance chômage, qui s’élevait à 3,4 milliards d’euros en 2017, devrait reculer à 89 millions en 2019. Le régime générerait 1,6 milliard d’excédents en 2020, puis 3,6 milliards en 2021.

Des renégociations à l’étude

Résultat : la dette cumulée du régime culminerait à 35 milliards d’euros fin 2019, avant d’entamer une décrue. « Sur le moyen terme, un désendettement quasi total est possible », sous réserve notamment que la phase de croissance de l’économie soit « suffisamment longue et conséquente », estime l’Unédic. L’embellie attendue est notamment le fruit du « dynamisme de l’économie », selon l’Unédic.

Les partenaires sociaux revendiquent leur bonne gestion, dans un contexte où ils risquent de perdre une partie de leurs prérogatives. Si le projet de loi « avenir professionnel » actuellement examiné à l’Assemblée est adopté, les renégociations des règles d’indemnisation chômage seront, à l’avenir, strictement encadrées par le gouvernement, à travers un « document de cadrage » qui fixera notamment une « trajectoire financière ».

Vent debout contre la réforme

Les partenaires sociaux n’auront, en outre, plus totalement la main sur les recettes du régime, l’exécutif ayant supprimé les cotisations salariales d’assurance chômage, pour les remplacer par des recettes fiscales. Selon le député de la majorité Aurélien Taché, rapporteur du volet « assurance chômage » du projet de loi, le gouvernement compte aller plus loin en supprimant aussi « une partie » des cotisations patronales.

Vent debout contre la réforme, les partenaires sociaux ne cessent de revendiquer leur légitimité depuis l’élection d’Emmanuel Macron. « On a assumé l’endettement pendant les années de crise », pour jouer un « rôle d’amortisseur social », « on assume aussi (…) le désendettement », a déclaré mercredi Patricia Ferrand, qui a demandé « une clarification des responsabilités » de la part du gouvernement.

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