Saint-Nazaire: Les chantiers navals tournent à plein régime, à grand renfort de sous-traitants

ECONOMIE Le volume de commandes exceptionnel de STX fait travailler plus de 8.000 personnes, dont 5.000 sous-traitants...

Frédéric Brenon

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Des ouvriers pendant la cérémonie des pièces du MSC Bellisima en novembre 2017.
Des ouvriers pendant la cérémonie des pièces du MSC Bellisima en novembre 2017. — JS Evrard/AFP

Depuis près de deux ans, les chantiers navals STX de Saint-Nazaire tournent à plein régime pour répondre aux commandes. La construction des deux plus gros paquebots du monde, l’Harmony of the seas et le Symphony of the seas, livrés en mai 2016 et mars 2018, avait déjà entraîné une surcharge d’activité. Mais STX a encore huit paquebots à produire avant 2022. Sans compter la commande de trois navires supplémentaires qui devrait être officialisée ce jeudi. Du jamais vu à Saint-Nazaire.

Les sous-traitants sont majoritaires

Pour faire face à ce plan de charge exceptionnel, le chantier naval fait actuellement travailler plus de 8.000 personnes, dont près 3.000 salariés directs de chez STX. Estimés à près de 5.000, les employés de la sous-traitance sont omniprésents. Ils s’occupent notamment de la menuiserie, de la climatisation, de l’électricité, de la tuyauterie… « Les finitions ne sont faites quasiment que par des prestataires. Même la tôlerie, métier historique de Saint-Nazaire, est largement sous-traitée maintenant », observe Alain Georget, membre de la CGT.

Ces sous-traitants sont des intérimaires français ou travailleurs détachés venus d’Europe du sud ou d’Europe de l’est. « Ils subissent souvent une précarité importante. Et sont prêts à accepter des conditions difficiles », considère le syndicaliste.

Recrutements insuffisants ?

STX a réalisé plus de 900 embauches en CDI en cinq ans. La société cherche également à recruter 200 ingénieurs, techniciens et ouvriers. Un nombre encore insuffisant selon la CGT, laquelle appelait à manifester devant les chantiers STX ce jeudi midi.

« Le recours de plus en plus important à la sous-traitance est injustifiable compte tenu de la visibilité offerte par le carnet de commandes, estime Alain Georget. La multiplication des statuts offre à STX un maximum de la flexibilité. Cela permet aussi de tirer les salaires vers le bas et de diviser les ouvriers entre eux afin d’obtenir plus de concessions. »