Quels sont les produits qui n'ont pas augmenté?

CONSOMMATION Les aliments qui n'ont pas subit l'inflation existent...

Alexandre Sulzer

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Face aux industriels de l'agroalimentaire qui ont rejeté jeudi "toute nouvelle réforme" dans la grande distribution, le gouvernement a confirmé sa volonté de présenter un projet de loi en mai, tout en leur promettant des "garde-fous".
Face aux industriels de l'agroalimentaire qui ont rejeté jeudi "toute nouvelle réforme" dans la grande distribution, le gouvernement a confirmé sa volonté de présenter un projet de loi en mai, tout en leur promettant des "garde-fous". — Mychele Daniau AFP/Archives

Face à la hausse des prix dans les rayons des grands surfaces, quels produits alimentaires est-il devenu intéressant d'acheter? Entre avril 2007 et mars 2008, seuls les légumes (frais, surgelés, en conserve) et les poissons et crustacés ont respectivement baissé de 5,36% (9,87% pour les légumes frais) et 0,75%, rappelle le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc).

Entre janvier et mars 2008, la baisse du prix des poissons s'est confirmée nettement (-8%) ainsi que celle des légumes frais et les légumes en général (-6,39 et -3,6%). Le veau coûte également un petit peu moins cher (-0,56%) et devient le produit le plus déflationniste entre février et mars (-0,9%).

Des produits de luxe

Pas sûr pour autant que ces produits se rajoutent dans le panier des Français les plus modestes. «Les poissons et crustacés sont un produit de luxe consommé majoritairement par les cadres et les professions libérales», note Gabriel Tavoularis, chargé d'études au Credoc. Quant aux légumes, ils sont «sous-consommés» par les ouvriers. «Mais pas par les employés» qui peuvent également appartenir aux classes les plus fragiles financièrement, note-t-il.

Les produits qui ont en revanche le plus augmenté en un an (œufs + 16,06%, lait et crème + 14,4%) sont consommés chez les Français les plus riches comme les plus pauvres. Inversement, la volaille qui, avec 13,88% d'augmentation, est l'un des produits alimentaires les plus inflationnistes sur un an, est «surconsommé» chez les ouvriers.

Elle ne devrait malgré tout pas disparaître du panier du Français modeste. «Les consommateurs les plus pauvres ne changent pas fondamentalement leurs habitudes alimentaires avec la hausse des prix, souligne Gabriel Tavoularis. Ils profitent davantage des offres promotionnelles et se ruent sur les hard discounters».

Plus sensibles à la fluctuation des prix, ils ne sacrifient donc pas leur alimentation et arbitrent leur sacrifice sur d'autres postes de dépenses.