Gironde: «Nous ne nous résignons pas», lance Poutou après l'annonce d'un PSE chez Ford

SOCIAL Un comité d’entreprise extraordinaire se tient ce jeudi à Blanquefort en présence des dirigeants de Ford Europe qui auraient annoncé leur volonté de lancer une procédure de fermeture de l’usine…

Elsa Provenzano

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Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • Ford annonce ce jeudi le lancement d’une procédure de fermeture de l’usine qui emploie 830 personnes, à la fin du mois de juin.
  • Les collectivités estiment ne comprennent pas cette décision, jugée purement financière.
  • Philippe Poutou a indiqué que la CGT ne se résignait pas après cette annonce, appelant à une large mobilisation.

Alors qu’un comité d’entreprise extraordinaire sur l'avenir de l'usine Ford de Blanquefort  se tenait ce jeudi sur le site girondin, en présence de dirigeants de Ford Europe, la fermeture prochaine de l’usine a été évoquée.

Le groupe américain avait annoncé en mars dernier ne voir « aucune opportunité de production Ford » au-delà de 2019 et la crainte des syndicats d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se confirme. Philippe Poutou, figure syndicale emblématique de la lutte contre la fermeture de l’usine l’a annoncé sur son compte twitter. Le lancement de ce PSE « ouvert à la négociation » sera lancé le 26 juin.

Les syndicats sont mobilisés depuis de longs mois et avaient appelé ce jeudi à un rassemblement devant la salle de réunion du comité extraordinaire, rappelant que Ford a touché des aides publiques en l’échange de son engagement à préserver les 1.000 emplois qui existaient à l’époque (830 à ce jour.)

« C’est l’abattement et la colère mélangés pour nous, salariés. Qu’est-ce qui va l’emporter dans les jours qui viennent ? Nous à la CGT, on espère que c’est la colère qui va exploser car le départ de Ford est injustifiable, inacceptable, a expliqué à 20 Minutes Philippe Poutou. Nous exigeons toujours le maintien de l’activité et des emplois par Ford qui a reçu des aides publiques pendant des années. »

Les collectivités ont réagi à l’annonce

« C’est une décision incompréhensible pour Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Jean-Luc Gleyze, président du Conseil départemental de la Gironde, Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, et Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, dont les collectivités ont accompagné les efforts de compétitivité de l’entreprise en soutenant ses plans d’investissement et de formation successifs, et en proposant des axes de diversification au constructeur » indique les collectivités dans un communiqué. Philippe Poutou qualifie l’Etat et les collectivités d’hypocrites et leur demande d’enfin imposer à Ford de respecter ses engagements et ses obligations.

« Cette option prise par Ford n’offre absolument aucune garantie sur la reprise future de FAI. Elle est motivée par des arguments purement financiers sans aucune prise en compte des partenaires de l’usine, parmi lesquels les collectivités et surtout les salariés », estiment les collectivités dans leur communiqué. 

Si le leader de la lutte contre la fermeture de l’usine reconnaît qu’il s’agit d’une situation « quasi désespérée », il insiste sur la détermination de son syndicat : « Nous ferons tout pour renverser le cours des choses, nous ne nous résignons pas. Nous allons essayer de relancer la mobilisation ».

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