La Sécu est (presque) à l'équilibre, une première depuis 2001

COMPTES Pour autant, il n'est pas question d'en profiter pour dépenser plus, a tempéré Agnès Buzyn, ministre de la Santé...

20 Minutes avec AFP

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L'Assurance maladie est l'une des cinq branches de la Sécurité sociale.
L'Assurance maladie est l'une des cinq branches de la Sécurité sociale. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

La Sécu a bénéficié d’un effet d’aubaine. Profitant d’une croissance meilleure que prévue, la Sécurité sociale sera « quasiment à l’équilibre » cette année, avec un déficit au plus bas depuis 2001.

Après un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2017, son solde sera « en nette amélioration » à moins de 300 millions en 2018, selon le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale publié mardi. Un montant nettement inférieur aux 2,2 milliards d’euros inscrits dans le budget fin 2017, grâce au rebond inattendu de l’économie française.

La réalité ayant dépassé les pronostics de Bercy, l’exécutif a revu à la hausse en avril ses prévisions de croissance, d’inflation et d’emploi. Conséquence mathématique, la Sécu devrait récupérer 2,8 milliards d’euros supplémentaires en cotisations, impôts, taxes et autres prélèvements. Un gain providentiel qui effacera le dérapage de 700 millions des dépenses de prestations sociales.

Trois branches en bonne santé financière

Malgré une « incertitude » fiscale qui pourrait porter le déficit à 900 millions d’euros en fin d’année, 2018 sera le meilleur millésime depuis 2001. Symbole de ce rétablissement financier, le régime général affichera son premier excédent depuis 17 ans. Trois branches seront bénéficiaires (vieillesse, famille, accidents du travail), le déficit de l’Assurance maladie va être divisé par dix, à moins de 500 millions d’euros. La Commission des comptes table sur un résultat positif de 2,5 milliards.

En revanche, le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance notamment le minimum vieillesse pour les retraités pauvres, ne réduira que « légèrement » son déficit, à 2,8 milliards d’euros. L’amélioration des comptes devrait se confirmer après 2018 : 3,3 milliards d’euros d’excédents prévus en 2019 et 7,7 milliards en 2020.

La Sécu n’échappera pas à la réforme

Pour le gouvernement, pas question d’en profiter pour augmenter les prestations sociales. « Cela ne veut pas dire qu’on utilise cet argent de la croissance pour redistribuer sans objectif », a tempéré Agnès Buzyn, ministre de la Santé ce mercredi sur RTL. « Si la croissance diminue un peu nous risquons d’avoir à nouveau ce trou qui se creuse », a-t-elle prévenu.

Pour éviter de nouveaux dérapages budgétaires, « nous avons besoin de travailler à des réformes structurelles qui font que les dépenses s’accélèrent moins vite que ce n’est le cas aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

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