Lait contaminé: Lactalis redémarre discrètement son usine de Craon, en Mayenne

INDUSTRIE L'usine Lactalis de Craon, en Mayenne, pourrait fonctionner à nouveau d'ici à quelques semaines...

20 Minutes avec AFP

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L'usine Lactalis de Craon (Mayenne).
L'usine Lactalis de Craon (Mayenne). — David Vincent/AP/SIPA
  • Fin 2017, 38 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir consommé du lait en poudre produit à l'usine de Craon.
  • Six mois après sa fermeture, le site a repris sa production pour des essais qui pourraient précéder une redémarrage de l'usine d'ici quelques semaines.

Le site était au coeur de l'affaire de lait infantile contaminé aux salmonelles et à l'arrêt depuis six mois. L'usine Lactalis de Craon, en Mayenne, a discrètement repris sa production dimanche, a confirmé le directeur de la communication du groupe, confirmant une information du journal Les Echos

«Il n'y a aucune commercialisation des produits, il s'agit de tests sur de la poudre de lait pour adulte et non infantile. Ces tests sont contrôlés par les services de l'Etat», a déclaré Michel Nallet, directeur de la communication du groupe. Ces essais pourraient précéder un redémarrage complet de l'usine d'ici quelques semaines.

Inspections et prélèvements

«La vraie production a démarré lundi en début de semaine, sachant que tout ce qui est produit est consigné, bloqué sous contrôle de Lactalis, ça n'a pas le droit d'être mis sur le marché», a précisé Fany Molin, porte-parole de la direction générale de l'Alimentation (DGAL), dépendant du ministère de l'Agriculture. Des inspections physiques de l'établissement doivent être notamment conduites par des agents de l'Etat.

Doivent suivre des prélèvements de poudre de lait pour adultes et des prélèvements dans l'environnement par les services de l'Etat, analysés par un laboratoire officiel, ainsi que des autocontrôles environnement et produits par Lactalis, selon elle. Ce nouveau plan d'autocontrôles, «considérablement renforcé, doit permettre de déterminer des niveaux de contamination beaucoup plus faibles que le plan qu'il y avait avant», assure Fany Molin.

«Si tous ces éléments sont convergents pour montrer qu'il y a une maîtrise du risque sanitaire de la part de l'opérateur, on pourra envisager de faire un redémarrage de fabrication de poudre de lait infantile», ajoute la responsable. «On va être sur des délais de quelques semaines» pour que l'usine fonctionne à nouveau totalement, indique t-elle.

L'association des familles de victimes en colère

Fin 2017, 38 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit pour enfant, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l'usine de Craon. Le processus de retrait a été chaotique et de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination ont été mis au jour. Après plusieurs semaines de crise, le groupe avait retiré mi-janvier la totalité de ses laits infantiles produits dans l'usine.

L'association des familles de victimes a dit jeudi «s'offusque(r) d'une telle décision» et réclame «l'arrêt immédiat de la production». «L'Etat semble avoir cédé à la pression de Lactalis en autorisant une remise en production sans avoir pu déterminer les causes de cette contamination», a-t-elle déploré. Une enquête judiciaire est en cours, ainsi qu'une commission d'enquête parlementaire qui doit auditionner le 7 juin le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier.