Grève SNCF: Les syndicats veulent poursuivre le mouvement après le vote du Sénat

SOCIAL Le projet de réforme ferroviaire est arrivé ce mardi devant le Sénat et doit être voté le 5 juin. Mais cela ne doit pas être le point final du mouvement pour les syndicats…

R. G.-V. avec AFP

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Une manifestation de cheminots de la SNCF devant le Sénat, mardi 29 mai, alors que la haute assemblée commençait l'examen de la réforme ferroviaire.
Une manifestation de cheminots de la SNCF devant le Sénat, mardi 29 mai, alors que la haute assemblée commençait l'examen de la réforme ferroviaire. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Alors que le projet de loi sur la réforme ferroviaire du gouvernement est arrivé ce mardi au Sénat et que le taux de grévistes à la SCNF a atteint lundi son plus bas depuis le début du mouvement, les syndicats tentent de remobiliser la base. Il s’agit de faire en sorte que le vote des sénateurs, attendu le 5 juin, ne sonne pas le glas de la contestation.

Ce mardi, plusieurs centaines de cheminots se sont rassemblés devant le palais du Luxembourg, à l’appel des quatre organisations de la SNCF (CGT, Unsa, Sud, CFDT), en grève depuis début avril aux côtés de FO, représentative dans la branche ferroviaire.

La CGT veut des initiatives « un peu originales »

Les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT devaient se retrouver mardi après-midi pour analyser les rencontres bilatérales avec Édouard Philippe, vendredi dernier, où le Premier ministre a annoncé une reprise de la dette à hauteur de 35 milliards d’euros. Les syndicats discuteront aussi de l’après 5 juin. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, a souhaité des « initiatives un peu originales » pour « essayer de faire remonter le taux de grévistes, même si on sait qu’au bout de 24 jours c’est toujours difficile ».

Lors du rassemblement, Didier Aubert (CFDT) a assuré « à ceux qui en doutaient » que son syndicat « compte bien continuer » à rester dans le conflit. Avec la grève par épisodes, « nous continuons à peser sur le débat parlementaire », a-t-il dit.

La mobilisation reste importante chez les conducteurs

Mardi matin, la direction de la SNCF a recensé 14,41 % de grévistes, légèrement plus que la veille où le taux était tombé à son plus bas niveau (13,97 %) en semaine depuis le lancement de la grève par épisodes. Alors que la mobilisation plafonne autour de 15 % au global depuis trois semaines, elle reste toutefois importante chez les conducteurs (51,4 % mardi matin) et contrôleurs (46,7 %).

Le rapporteur de la réforme au Sénat, Gérard Cornu (LR), a estimé qu'« au niveau social tout est bouclé ». « On a eu des avancées sociales très, très importantes et je pense que les syndicats réformistes, c’est-à-dire Unsa et CFDT, peuvent être contents », a-t-il déclaré.

Des avancées insuffisantes pour certains syndicats

Les sénateurs ont favorisé en commission le volontariat pour le transfert vers des opérateurs privés et permis, pendant une période déterminée, aux salariés réembauchés dans le groupe public ferroviaire de bénéficier à nouveau du statut.

Cela reste toutefois nettement insuffisant pour certains syndicats, comme SUD-Rail qui « met en garde ceux qui voudraient faire croire à des amendements miracles, bradant les revendications des cheminots en grève depuis le 3 avril ».

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