VIDEO. Décès de Serge Dassault: La succession a déjà commencé

HERITAGE C’est son homme de confiance, Charles Edelstenne, et non un de ses quatre enfants, qui a pris les rennes du groupe d’aviation, d’armement et de médias…

R. G.-V. avec AFP

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Charles Edelstenne va prendre les rennes du groupe Dassault, comme prévu.
Charles Edelstenne va prendre les rennes du groupe Dassault, comme prévu. — Eric PIERMONT / AFP

Les héritages, on l’a vu dans l’actualité récente, ne sont pas toujours simples à gérer. Et quand dans le panier on trouve l’un des plus gros groupes industriels français, on peut craindre le pire. Pourtant, ce mardi, au lendemain du décès de Serge Dassault, à l’âge de 93 ans, la perspective d’un conflit de succession dans la famille et dans le groupe Dassault semble s’éloigner.

 

Le disparu a laissé les commandes de l’empire industriel à son homme de confiance, Charles Edelstenne, 80 ans, qui va devoir travailler avec la famille au casse-tête du pilotage du groupe à plus long terme. Serge Dassault avait coupé court à toute bataille autour de sa succession en 2014 en décidant que le directeur général du groupe - et non l’un de ses quatre enfants - lui succéderait «automatiquement».

« Aucune querelle d’héritiers »

«Il n’y aura aucune querelle d’héritiers. C’est en tout cas l’engagement que je peux prendre aujourd’hui devant vous, devant mes frères et sœur et devant les Français», a affirmé ce mardi l’aîné de ses enfants, Olivier Dassault, interrogé sur la succession sur la radio Europe 1.

Serge Dassault était père de quatre enfants dont aucun n’occupe de rôle opérationnel dans l’aéronautique. Olivier, 66 ans, est député de l’Oise tandis que Laurent, 64 ans, est chargé des investissements du groupe Dassault notamment dans la viticulture et cogérant d’Artcurial Développement. Thierry, 61 ans, est spécialisé dans l’intelligence économique et Marie-Hélène, 53 ans, est responsable du mécénat.

Dissensions au moment du décès de Marcel Dassault

«La question n’est pas de devenir numéro un, numéro deux ou numéro trois. La question est de poursuivre l’œuvre de mon grand-père, l’œuvre de mon père et de faire en sorte que cette société, fleuron national, international (…) perdure au-delà de l’homme qu’il était», a assuré Olivier Dassault.

En 1986, la disparition du fondateur du groupe Marcel Dassault avait donné lieu à des dissensions au sein de la famille. «A l’inverse de son père, il a fait le nécessaire. Il n’y a aucun problème », explique à l’AFP l’historien Claude Carlier, auteur de plusieurs livres sur Marcel et Serge Dassault. «La succession est organisée, tout a été décidé d’avance. Après, il appartient à Charles Edelstenne et à la famille Dassault de préparer la suite».

L’empire Dassault s’étend de l’industrie aéronautique et de défense (Dassault Aviation avec les Rafale et Falcon), à la presse (Le Figaro), en passant par l’édition de logiciels (Dassault Systèmes), l’immobilier (Immobilière Dassault), les ventes aux enchères (Artcurial) et la viticulture (château Dassault dans le Bordelais).

 

L’Etat a son mot à dire

Etant donné la sensibilité des secteurs couverts par l'empire Dassault, l'Etat a son mot à dire pour préserver ses intérêts. "C'est un groupe dont l'Etat ne peut pas se désintéresser, il joue un rôle tout à fait stratégique pour le ministère (des Armées), c'est un groupe à la fois civil et militaire", a expliqué la ministre des Armées, Florence Parly, interrogée sur Public Sénat.

Pour garantir la pérennité du groupe, l'Etat a ainsi passé fin 2014 une convention avec le Groupe industriel Marcel-Dassault (GIMD). L'objet de ce pacte "est de conférer à l'Etat un droit de préemption sur tout transfert de titres Dassault Aviation par GIMD lui faisant franchir à la baisse le seuil de 40% du capital" de l'avionneur ainsi que sur tout transfert de titres ultérieur en deçà de ce seuil.