La Deutsche Bank va supprimer plus de 7.000 postes dans le monde

FINANCES La banque allemande va dépenser 800 millions d’euros en frais de restructuration, notamment en indemnités de départ pour de nombreux banquiers…

20 Minutes avec agences

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Le siège de la Deutsche Bank à Francfort, le 6 juillet 2016
Le siège de la Deutsche Bank à Francfort, le 6 juillet 2016 — DANIEL ROLAND AFP

Deutsche Bank, en grande difficulté, a annoncé ce jeudi plus de 7.000 suppressions d'emplois dans le monde et une réduction de son activité sur les marchés de capitaux. Après trois années de pertes d’affilée et au vu d’une concurrence accrue, la première banque allemande a ainsi décidé de donner la priorité à la réduction des coûts.

L’an dernier, le groupe a affiché une perte nette de 735 millions d’euros. Le début de l’année 2018 est resté médiocre, le résultat net à fin mars reculant de près de 80 % sur un an.

Des licenciements « inévitables » selon la direction

Les effectifs de la banque vont être ramenés « bien en deçà de 90.000 » à l’horizon fin 2019, contre 97.130 à fin mars dernier, a souligné Christian Sewing, le patron de Deutsche Bank depuis un mois et demi, devant les actionnaires de la banque réunis à Francfort.

Les suppressions d’emplois vont en grande partie concerner la division banque d’investissement, qui fut jadis la locomotive du groupe. Elles « sont inévitables si notre banque veut devenir durablement rentable », a martelé Christian Sewing.

Des propos qui n’ont guère convaincu les actionnaires. « La situation économique est désastreuse », a déclaré l’avocat Markus Kienle, de l’association d’actionnaires minoritaires SdK.

Le titre Deutsche Bank s’effondre

Conséquence : le titre Deutsche Bank ne cesse de s’effondrer. L'action a perdu 35 % de sa valeur depuis janvier et près de 10 % depuis l’arrivée du nouveau directeur, le 8 avril.

Même en redessinant son modèle d’activité, Deutsche Bank « accuse un retard de trois à cinq ans sur ses concurrents », souligne jeudi Michael Seufert, analyste de la banque NordLB.

800 millions d’euros en frais de restructuration

Sous la houlette de son nouveau patron, la banque renonce à vouloir concurrencer les géants américains de Wall Street​ dans la banque d’investissement. Elle va se recentrer sur l’Europe. « Nous sommes la première banque des entreprises et d’investissement en Europe avec un réseau mondial - et nous le resterons », a souligné le dirigeant.

Cette vaste opération de réduction des coûts va cependant coûter cher à la banque allemande. Elle va dépenser 800 millions d’euros en frais de restructuration, notamment en indemnités de départ pour de nombreux banquiers d’investissement.

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