Haute-Garonne: les salariés de l'usine des cheveux d'ange s'opposent à la direction qui tente d'emporter le stock

BLOCAGE Les quatre salariés de l'usine Brussange, fabriquant les célèbres cheveux d'ange, bloquent vendredi leur usine pour empêcher leur direction d'emporter le stock...

J.R.

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Les cheveux d'ange Brussanges, produits dans la Haute-Garonne depuis 140 ans, sont les plus fins du monde.
Les cheveux d'ange Brussanges, produits dans la Haute-Garonne depuis 140 ans, sont les plus fins du monde. — H. Menal - 20 Minutes
  • Après avoir constaté pendant leurs vacances que les machines de l’usine qui travaille notamment pour Panzani avaient été déménagées, les quatre salariés de Brussange se sont opposés vendredi à la direction.
  • La direction espagnole explique que les machines reviendront en septembre, après réparation.
  • La direction veut récupérer un stock de cheveux d’ange mais les salariés refusent de laisser entrer les camions.

Après le déménagement des machines la semaine dernière, c’est une bataille autour du stock de cheveux d’ange qui s’est déroulé ce vendredi matin dans l’usine de fabrication de pâtes Brussanges de Bessières.

Direction espagnole, salariés, élus, inspection du travail, avocat des salariés, tous étaient réunis vendredi à l’appel du maire de la commune, qui a organisé cette réunion de la dernière chance craignant une fermeture en catimini de l’usine, qui travaille notamment pour Panzani.

Des camions pour emporter le stock

« Je suis en colère, c’est une vraie désolation car les socles des machines ont été sciés grossièrement, en coupant les ferrailles, peste Jean-Luc Raysséguier, le maire de Bessières. La patronne espagnole dit que les machines sont parties en réparation et qu’elles reviendraient en septembre mais nous n’y croyions pas une seconde. Elle veut récupérer le stock des derniers cheveux d’ange mais nous lui avons rappelé qu’il y a des lois en France pour fermer une entreprise. »

Des camions sont donc arrivés vendredi matin devant l’usine mais n’ont pu y pénétrer en raison d’un amas de terre bloquant l’entrée. La direction espagnole plaide le rapatriement de ce stock des célèbres cheveux d’ange pour les vendre à Panzani, afin de payer la réparation des machines, vraisemblablement emportées à Murcia. La situation semble bloquée et le dialogue entre direction et salariés compliqué.

Pour Denis Parise, le syndicaliste des Molex qui soutient les quatre salariés de Brussange, « c’est un comportement de patron voyou ». Toujours sur place ce vendredi après-midi, il dénonce le non-respect des lois françaises. « Deux personnes de l’inspection du travail étaient présentes à la réunion et ont assisté aux échanges houleux avec la direction espagnole, raconte-t-il. L’inspection du travail devrait saisir dès ce vendredi le procureur de la République pour qu’une procédure de liquidation judiciaire soit lancée ».