SNCF: L'Etat reprendra «entre 30 et 35 milliards d'euros» de dette, annonce le rapporteur du projet de loi

TRANSPORT L'ardoise de la compagnie ferroviaire s'élève à 47 milliards pour SNCF Réseau et 8 milliards pour SNCF Mobilités...

20 Minutes avec AFP

— 

L'Assemblée nationale a adopté très largement la réforme de la SNCF en première lecture
L'Assemblée nationale a adopté très largement la réforme de la SNCF en première lecture — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

«Entre 30 et 35 milliards d'euros». C'est le montant de la dette de la SNCF que l'Etat va reprendre, annoncé jeudi sur LCP le rapporteur du projet de réforme ferroviaire .

«Un point et demi de PIB»

L'ardoise de la compagnie ferroviaire s'élève à 47 milliards pour SNCF Réseau et 8 milliards pour SNCF Mobilités. Jean-Baptiste Djebbari (La République en marche) a estimé que l'intervention de l'État, qui s'accompagnera «d'investissements dans le système ferroviaire», équivaudrait à «un point et demi de PIB». «Le Premier ministre s'exprimera vendredi sur le niveau de reprise de la dette et l'investissement dans le système ferroviaire», a ajouté le député de Haute-Vienne.

Le montant des investissements prévus n'est «pas encore tout à fait arbitré», d'après Jean-Baptiste Djebbari, mais ceux-ci devraient concerner «l'infrastructure: le réseau, le fret, les voies, la signalisation», a détaillé le rapporteur du projet de loi. Le député a promis que les annonces du Premier ministre seraient «de nature à rassurer les cheminots, qui ont eu «un sentiment fort de "cheminot bashing"», désormais «assez largement purgé» à ses yeux.

Quel avenir pour le patron de la SNCF?

Interrogé sur l'avenir du patron de la SNCF Guillaume Pepy, le député a rappelé que «son mandat durera[it] jusqu'en 2020» et qu'il «fallait un pilote dans l'avion pour mener à bien la transition» ainsi que des «échéances importantes», comme la convention collective de l'entreprise, destinée à être prochainement renégociée. Quelques minutes plus tôt, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait déjà estimé sur Europe 1 que «la question du maintien de Guillaume Pepy à la tête de la SNCF n'(était) pas posée».

Jean-Baptiste Djebbari a par ailleurs contesté la légitimité de la «vot'action» lancée par les cheminots, une consultation interne à la SNCF dont les résultats à 95% défavorables au projet de réforme ont été dévoilés mercredi. Le député a ainsi critiqué «les modalités de la "vot'action": les listes d'émargement sont conservées par les syndicats, elles seront détruites, certains (employés de la SNCF) ont peut-être pu voter plusieurs fois»... a-t-il argumenté.

Le vote de l'Assemblée nationale est lui «légitime», «ce n'est pas un passage en force», a insisté le rapporteur, avant de saluer les syndicats réformistes CFDT et Unsa, «qui ont des doutes sur l'ouverture à la concurrence mais sont constructifs». Selon lui, l'«unité médiatique» entre les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, CFDT, SUD et Unsa) est une «façade», qu'il a opposé à «la réalité des faits».