Air France-KLM chute en bourse de 13% après la démission de son patron

TRANSPORT La démission du patron d'Air France «met en péril non seulement les objectifs d'efficacité économique, mais aussi l'intégrité même du groupe», ont estimé des analystes ce lundi...

20 Minutes avec AFP

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Après la démission du patron d'Air France, le titre de la compagnie chutait le 7 mai 2018.
Après la démission du patron d'Air France, le titre de la compagnie chutait le 7 mai 2018. — IBO/SIPA

La réaction ne s'est pas fait attendre. L'action d'Air France-KLM dévissait de plus de 13% lundi matin à la Bourse de Paris, lestée par l 'annonce de la démission de Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe, qui plonge le transporteur aérien dans l'incertitude.

Chute du titre de 48% depuis janvier

A 10H13, le titre chutait de 13,46% à 7,01 euros dans un marché quasiment stable (-0,08%). Depuis le début de l'année, le groupe, avec une capitalisation boursière de 3 milliards d'euros, a déjà cédé plus de 48%. Il s'agit de la pire chute sur l'indice élargi SBF 120 derrière Technicolor depuis janvier.

«C'est la fin de l'approche mesurée du PDG Janaillac», ont estimé dans une note les analystes de Société Générale Cross asset research, qui ont dans la foulée abaissé leur recommandation, passant d'«acheter» à «vendre», ainsi que leur objectif de cours, comme d'autres analystes. Vendredi, Jean-Marc Janaillac a démissionné après le désaveu des salariés du groupe, qui ont rejeté lors d'une consultation la proposition mise sur la table par la direction pour sortir du conflit en cours.

La direction proposait, pour la période 2018-2021, des augmentations générales de salaires de 7% sur quatre ans, s'ajoutant aux augmentations individuelles, dont le versement aurait été lié aux résultats financiers. Mais les dix organisations de pilotes, d'hôtesses et de stewards et de membres du personnel au sol qui composent l'intersyndicale réclament quant à eux 5,1% d'augmentation en 2018, au titre d'un «rattrapage» nécessaire après six ans de gel des grilles salariales.

«Difficultés à attirer un manager de haut niveau»

«Avec un taux de participation de 80% et un rejet à plus de 55% du projet d'accord salarial, la réponse des salariés est sans ambiguïté (...). Air France-KLM est maintenant sans patron et devrait éprouver les pires difficultés à attirer un manager de haut niveau», jugent les analystes d'Aurel BGC. «Cela met en péril non seulement les objectifs d'efficacité économique, mais aussi l'intégrité même du groupe», estiment de leur côté les analystes de Société Générale.

Vendredi, le groupe avait publié des résultats de mauvaise facture, avec une perte nette de 269 millions au premier trimestre, creusée par trois jours de grève, et la prévision d'un résultat d'exploitation 2018 en «baisse sensible». La compagnie aérienne connaissait lundi sa quatorzième journée de grève en deux mois et demi.

Le conseil d'administration d'Air France-KLM a demandé au PDG démissionnaire d'assurer ses fonctions jusqu'au 15 mai, date à laquelle une gouvernance de «transition» sera mise en place. Dimanche, le gouvernement a averti que l'Etat ne viendrait pas à la rescousse du transporteur aérien.