Ford à Blanquefort: «Il faut que l'industriel travaille avec nous pour pérenniser le site»

SOCIAL Le député LREM du Médoc Benoit Simian se dit inquiet sur l'avenir du site Ford de Blanquefort, et demande à l'industriel du temps pour pérenniser l'usine et les emplois...

Mickaël Bosredon

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Débrayage chez Ford à Blanquefort  le 5 mars 2018, après l'annonce de l'industriel de se désengager du site
Débrayage chez Ford à Blanquefort le 5 mars 2018, après l'annonce de l'industriel de se désengager du site — M.Bosredon/20Minutes
  • Le délégué interministériel Jean-Pierre Floris s'est rendu à Cologne ce jeudi à la rencontre des dirigeants de Ford Europe.
  • L'éventualité du repreneur belge Punch Metals International ne séduit pas grand monde pour l'instant.

Depuis l’annonce le 27 février du désengagement de l'industriel d'ici à 2019, le dossier de l’avenir de l’usine Ford de Blanquefort est au point mort. Les choses bougeront-elles ces prochains jours ? Le délégué interministériel à la restructuration industrielle, Jean-Pierre Floris, nommé sur ce dossier par Bercy, s’est en tout cas rendu - pour la première fois depuis le début du conflit - à Cologne ce jeudi à la rencontre de la direction de Ford.

Interrogé par 20Minutes, le député LREM du Médoc Benoit Simian assure « être en lien permanent » avec Jean-Pierre Floris, et que ce dernier « n’arrête pas » sur le dossier Ford. Mais le député se dit aussi « très inquiet » sur l’avenir de l’usine blanquefortaise. « Plus inquiet encore qu’en février. »

« Le personnel de Ford a été durement marqué par l’échec d’un repreneur en 2009 »

La direction de Ford travaillerait sur la piste d’un éventuel repreneur. Le nom du Belge Punch Metals International (PMI) est celui qui revient le plus souvent. Il a notamment déjà repris l’usine General Motors à Strasbourg en 2013 - rebaptisée Punch Powerglide -, qui produit aussi des boîtes de vitesse, mais pour BMW. Son fondateur, Guido Dumarey, est parfois surnommé le « Bernard Tapie belge »… Pour la CGT de Ford, il s’agit d’une « diversion ». « Ford souhaite se désengager, et pour que ça passe, la multinationale avait prévu sa stratégie de longue date. Celle-ci passe par un repreneur (ou l’espoir d’un repreneur) qui lui permettrait de disparaître des radars et ainsi de protéger son image. »

« S’il y a un repreneur, il faut qu’il soit digne de confiance » prévient Benoit Simian. « Le personnel de Ford a été durement marqué par l’échec d’un repreneur en 2009 (HZ Holding, un industriel allemand qui n’a jamais investi sur le site amenant le constructeur à revenir deux ans plus tard), car c’était un repreneur bidon. » Et le député d’en appeler à « rejeter les solutions trop courtes et opportunistes : il faut maintenant tout faire pour que Ford travaille avec nous pour pérenniser le site et un maximum d’emplois. »

Ce que demande Benoit Simian, c’est « du temps ». « On ne fait pas une reconversion de site en cinq minutes, et Ford n’est pas une PME ; on ne laisse pas partir une entreprise à dimension internationale comme cela. J’en appelle donc aux responsabilités de Ford. »

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