Représentativité syndicale: les principaux syndicats se sont prononcés

SOCIAL Qui est pour? Qui est contre? Qui se rapproche de qui?

— 

Les syndicats ont critiqué mardi le discours "social" du président Sarkozy, jugeant ses propositions "déséquilibrées" ou son calendrier "impossible" à tenir, mais sans appeler à la mobilisation, alors que le patronat a applaudi des deux mains des propos "fondateurs".
Les syndicats ont critiqué mardi le discours "social" du président Sarkozy, jugeant ses propositions "déséquilibrées" ou son calendrier "impossible" à tenir, mais sans appeler à la mobilisation, alors que le patronat a applaudi des deux mains des propos "fondateurs". — francois guillot AFP

La CFTC et la CFE-CGC, craignant pour leur survie du fait de leur petite taille, ont refusé jeudi la réforme de la représentativité syndicale négociée la semaine dernière, la seconde cherchant une parade en se rapprochant de l'Unsa (syndicats autonomes).
 
Force ouvrière, troisième centrale syndicale en termes d'audience, a déjà signifié lundi son opposition à la «position commune», adoptée le 9 avril à l'issue d'une négociation sur la représentativité avec le patronat, qui doit servir de base à un futur projet de loi gouvernemental.
 
La CGT, première confédération, s'est, elle, prononcée favorablement mercredi et la CFDT, au deuxième rang, devrait le faire la semaine prochaine. Côté patronal, Medef et CGPME ont donné leur aval, contrairement à l'UPA (artisanat).
 
Vers un rapprochement Unsa-CFE-CGC
 
Le texte prévoit notamment qu'un syndicat, pour être reconnu représentatif des salariés, doit rassembler au moins 10% des voix aux élections professionnelles dans les entreprises à brève échéance, et provisoirement 8% au plan national et dans les branches.
 
La CFTC (6,1% aux élections aux comités d'entreprise en 2004), par la voie de son conseil confédéral, a rejeté à l'unanimité le texte. Son président, Jacques Voisin, a critiqué mercredi matin un texte «syndicaticide», fruit d'une «alliance entre le Medef, la CGT et la CFDT», qui scelle «un Yalta du syndicalisme qui aboutira sur une bipolarisation syndicale, avec la CGT et la CFDT».
 
Le comité directeur de la CFE-CGC (6,1% également), lors de débats que son président Bernard Van Craeynest a qualifié de «rudes», a également rejeté le texte (25 voix «contre», 18 «pour», 1 «abstention»). Il a donné mandat à son président pour «poursuivre l'exploration avec d'autres organisations syndicales», à commencer l'Unsa, organisation actuellement non reconnue représentative, mais «sans aucune exclusive». L'Unsa, de son côté, a «donné mandat» à son secrétariat national pour «engager un processus de rapprochement». Pour comprendre les enjeux de cette potentielle alliance, cliquez ici.