Grève à Air France: La direction propose 2% d'augmentation, les syndicats jugent la proposition «indécente»

NEGOCIATIONS La direction a proposé une augmentation salariale de 2 %, alors que les syndicats réclament 5,1 %…

20 Minutes avec AFP
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Un avion Air France traverse un pont à l'aéroport Charles-de-Gaulle (image d'illustration).
Un avion Air France traverse un pont à l'aéroport Charles-de-Gaulle (image d'illustration). — Christophe Ena/AP/SIPA

La proposition de la direction n’aura pas suffi. Philippe Evain, président du syndicat de pilotes SNPL Air France, a repoussé mardi la proposition salariale « totalement indécente » et « totalement farfelue » de la compagnie, au huitième jour de grève depuis février pour une revalorisation des salaires.

Soulignant l’impact « très important » du conflit sur le trafic, Philippe Evain a accusé la direction de faire « tout pour que la grève continue ». Les patrons ont proposé lundi un projet d’accord final prévoyant une augmentation de 2 % immédiatement et une hausse de 5 % sur trois ans. Ce projet est soumis à signature jusqu’à vendredi à midi.

« On a été bloqués pendant six ans »

« Il n’est pas possible de faire semblant de croire que les augmentations futures de 2019, 2020 et 2021 vont remplacer l’inflation passée », a-t-il dit, ajoutant « c’est du trompe-l’œil, inacceptable ». Les syndicats souhaitent « un rattrapage parce qu’on a été bloqués pendant six ans ».

Il a souligné que l’intersyndicale avait fait lundi « un geste » en revoyant à la baisse sa revendication initiale pour la passer de 6 % à 5,1 % en 2018. « Ce que nous demandons est extrêmement raisonnable », a-t-il dit.

Pas un centime de plus qu’un pilote d’Easyjet

Le responsable du SNPL, syndicat majoritaire dans les cockpits, a fait valoir que la compagnie, « prise en étau entre des charges et des taxes d’ADP (Aéroports de Paris) et de l’Etat » n’a d’autre solution que de « matraquer les salaires ». Selon lui, cela représente près d'« un milliard d’euros » par an.

Il a assuré que comme commandant de bord, il ne gagnait « pas un centime de plus qu’un pilote de Easyjet, moins bien qu’un pilote de Transavia, beaucoup moins bien qu’un pilote de Lufthansa, énormément moins bien qu’un pilote de KLM ». Les prochaines journées de grève de la compagnie aérienne sont prévues les 23 et 24 avril.