La SNCF va créer une filiale au sein du groupe pour renflouer le fret ferroviaire

TRANSPORTS L'an dernier, la branche de fret ferroviaire de l’opérateur public a encore perdu 120 millions d’euros...

20 Minutes avec AFP

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Un train fret de la SNCF à Bordeaux (image d'illustration).
Un train fret de la SNCF à Bordeaux (image d'illustration). — UGO AMEZ/SIPA

Le fret français va s’aligner sur ses voisins européens. La SNCF a annoncé lundi son intention de filialiser sa branche de fret ferroviaire, déficitaire et lourdement endettée, afin de « bâtir un plan d’affaires rentable ». L’idée est de renflouer Fret SNCF et de doter cette activité « d’une personnalité juridique propre, société dont le groupe public ferroviaire détiendrait 100 % du capital », a indiqué la direction dans un communiqué.

« SNCF Mobilités [l’entité chargée de la circulation des trains], la conservera, et son activité sera autonomisée, comme ça se passe dans toute l’Europe », a expliqué à l’AFP Guillaume Pepy, le patron du groupe public.

Déficitaire depuis des années, la branche de fret ferroviaire de l’opérateur public a encore perdu l’an dernier 120 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 903 millions. Elle est rattachée au pôle Transport ferroviaire multimodal de marchandises (TFMM) au sein de l’activité SNCF Logistics, qui elle-même fait partie de SNCF Mobilités.

11 % du transport de marchandises seulement

Cette annonce survient quelques heures après que le Premier ministre Edouard Philippe a demandé à sa ministre des Transports Elisabeth Borne de préparer un nouveau plan de relance du fret ferroviaire, qui n’assure plus en France que 11 % de transport de marchandises.

Les actions envisagées comprennent notamment, selon le communiqué de la SNCF, « la nécessaire rénovation des installations dédiées au fret ferroviaire », « la sécurisation de sillons de qualité pour le fret » et la « modération » des hausses de péages.

Dans ce cadre, la SNCF envisage « une croissance des trafics [via une reprise de parts à la route], une réduction des frais généraux, une poursuite des gains d’efficacité industrielle, des innovations dans l’offre aux clients et dans l’exploitation que le fret ferroviaire doit continuer à aller chercher dans le "digital" ».

Un renflouement au sein de la SNCF

Pour ce faire, elle doit assainir la situation de Fret SNCF, une activité déficitaire plombée par une dette de 4,6 milliards d’euros (sur les 7,9 milliards de la dette de SNCF Mobilités). D’où une recapitalisation, jugée « nécessaire pour pérenniser l’activité de l’opérateur public de référence ».

Le renflouement de la branche de fret « s’effectuera au sein du groupe SNCF », a plaidé la direction dans son communiqué.

Le projet de filialisation doit être soumis aux institutions représentatives du personnel et être approuvé par les autorités européennes. Le but du jeu est de faire naître la nouvelle entité au premier semestre 2020, c’est-à-dire à peu près au moment où la SNCF elle-même deviendra une société anonyme à capitaux publics.

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