SNCF: Les prix des billets de train s'envolent-ils en période de grève?

CONSOMMATION La SNCF a assuré qu'elle ne gonflera pas les prix au cours de la grève...

Delphine Bancaud

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Des billets de trains SNCF;
Des billets de trains SNCF; — DAMIEN MEYER / AFP
  • La SNCF s’est engagée à ne pas faire gonfler les prix.
  • Mais moins de trains circulant en raison des grèves, le quota de places à bas prix est vite éclusé.
  • Du coup, les voyageurs doivent se reporter sur des places à des prix plus élevés.

Sur Twitter, certains usagers de la SNCF​ se plaignent de payer leur billet de train plus cher que d’habitude en raison  de la grève. Certains même affirment même que la société ferroviaire fait flamber ses prix pendant cette période pour compenser le manque à gagner des jours de grève. Alors à 20 Minutes, nous avons voulu démêler le vrai du faux.

Tout d’abord, il faut rappeler que sur chaque train, il y a un quota de places peu chères, d’autres à des prix moyens et certaines à des tarifs plus élevés. Or, la SNCF a suspendu la vente de billets le 20 mars pour tous ses TGV et Intercités, (mais pas pour les TER), sur les 12 jours de grève prévus en avril. Et ce, parce qu’elle ne savait pas combien de trains allaient circuler  ces jours-là. Donc il n’était pas question de vendre des billets pour des trains qui étaient susceptibles de ne pas rouler.

« On ne peut pas se retrouver avec des tarifs exponentiels »

« Mais 30 % des places étaient déjà vendues et les voyageurs qui avaient réservé tôt avaient obtenu des tarifs à bas prix », explique Bruno Cazeau, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), « En fonction du nombre de grévistes, on a rouvert des réservations sur certains trains qui pouvaient rouler », nous explique la SNCF. « Mais le quota de places à tarifs préférentiels ayant été souvent atteint, les billets qui sont vendus, le sont à des tarifs moyens voire élevés », indique Bruno Cazeau.

« Mais l’on ne peut pas se retrouver avec des tarifs exponentiels » assure le porte-parole de la SNCF. Une référence à l’affaire du billet de train Calais-Paris à 500 euros qui a défrayé la chronique la semaine dernière. Un prix qui s’expliquait par un bug de l’algorithme du site de la SNCF qui proposait de rallier Calais à Paris en passant par Londres, via deux Eurostar. Et qui n’est donc pas du tout révélateur d’une explosion des prix. Par ailleurs, pendant les jours de grève, les billets sont échangeables ou remboursables sans frais ni surcoût, y compris pour les tarifs non échangeables et/ou non remboursables, pour ces jours d’avril.

40.000 Places débloquées ce week-end

Concernant les trains qui roulent les jours de non-grève, on peut expliquer l’impression de payer les billets plus chers par la même raison, explique Bruno Cazeau : « Comme moins de trains ont circulé dans la semaine, la demande est supérieure à l’offre. Donc là aussi, les places bon marché s’écoulent vite et les voyageurs doivent se reporter sur des places avec un tarif plus élevé ». De son côté, la SNCF a indiqué en mars porter « une attention particulière sur les prix des trains les jours de non-grève. Les prix habituellement pratiqués restent les mêmes sur ces journées ». En clair, elle n’a pas ajouté de places à bas prix, mais elle n’en a pas enlevé non plus.

Avec les départs en vacances pour la zone C cette semaine, la SNCF a voulu aussi limiter les contraintes pesant sur les familles. « Nous avons débloqué 40.000 nouvelles places qui n’étaient pas ouvertes à la réservation pour ce vendredi et le même nombre pour samedi », nous indique la SNCF. Les voyageurs qui réserveront rapidement sont donc susceptibles de trouver un tarif bas. Pour ne pas trop pénaliser les jeunes abonnés à  l’offre TGV Max, la SNCF précise aussi « que leur abonnement du mois d’avril sera offert ». Ce qui ne semble pas avoir éteint pour autant leur colère.

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