Congo: Total aurait aidé le gouvernement à contourner les règles du FMI via une société-écran

PARADISE PAPERS L’opération aurait permis au Congo de vendre une concession pétrolière à Total alors même que le pays avait interdiction d’opérer de telles transactions…

20 Minutes avec agences

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Le logo de Total au siège social du géant pétrolier à La Défense.
Le logo de Total au siège social du géant pétrolier à La Défense. — MARTIN BUREAU AFP

Le Congo aurait contourné des règles du Fonds monétaire international (FMI) dans les années 2000 à l’aide d’un montage financier mis sur pied par Total. C’est ce que révèle une enquête du Monde ce mardi.

Le géant pétrolier a démenti ces affirmations. Il a indiqué dans un communiqué ne pas avoir contribué « à aider la République du Congo à contourner la vigilance de ses créanciers internationaux ».

Vente factice à une société-écran

Selon des documents des «Panama Papers » et des « Paradise Papers », Total a élaboré un « montage offshore impénétrable » qui a permis au Congo de vendre, en 2003, une concession pétrolière à la société congolaise Likouala. L’entreprise était « une coquille vide sans dépenses ni revenus, sans personnel ou compte en banque à son nom » et gérée par Total, selon le quotidien.

La société n’existe plus depuis 2011. Elle était détenue par une société-écran enregistrée aux Iles Vierges britanniques. Le Congo a ainsi pu toucher des liquidités alors qu’il « était frappé de l’interdiction de s’endetter lui-même pour des projets pétroliers ».

Total dément

Pour acheter la concession pétrolière, la fausse entreprise a emprunté 70 millions de dollars à la BNP Paribas. Cette dernière a indiqué que « la réglementation bancaire ne [leur] permet pas de répondre » aux questions sur cette affaire. Total s’est pour sa part défendue en expliquant que le « Congo a décidé de monétiser ses intérêts dans le champ de Likouala en les cédant […] et a demandé à Total de l’assister dans la mise en place de cette transaction ».

« Le FMI a été tenu informé de l’opération par les autorités [congolaises], notamment par un courrier daté du 17 novembre qui en atteste », a ajouté le groupe pétrolier dans son communiqué, où un lien renvoie vers le document publié sur le site du FMI.

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