Grève à Air France: 70% des vols assurés ce mercredi, la direction tente un coup pour sortir de la crise

MOBILISATION Contre un arrêt du mouvement, la direction promet d’entamer des négociations salariales pour la période 2019-2021…

20 Minutes avec AFP

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Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport d'Orly (image d'illustration).
Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport d'Orly (image d'illustration). — VINCENT LOISON/SIPA

Va-t-on vers une sortie de crise chez Air France ? Alors que les salariés entament leur septième jour de grève, la direction de la compagnie aérienne a proposé hier l’ouverture rapide d’une négociation sur les salaires couvrant la période 2019-2021. Une solution accueillie fraîchement par les syndicats.

Les avions d’Air France risquent encore de rester collés au tarmac ce mercredi. Les salariés entament leur septième jour de grève. Environ 30 % des vols seront assurés, a estimé la direction : 60 % des vols long-courriers, 65 % des vols moyen-courriers de et vers Paris-Charles de Gaulle et 75 % des vols court-courriers, Paris-Orly et Province.

Les manifestants réclament 6 % d’augmentation générale, au titre des efforts passés et des bons résultats de l’entreprise. Hier, la direction a fait un premier pas vers une sortie de crise, en annonçant qu’elle invitait les syndicats à négocier dès jeudi un accord triennal. Celui-ci pourrait inclure, en 2018, une revalorisation de 2 % des grilles salariales, contre 1 % en deux temps prévu actuellement.

« Un retour en arrière », pour la direction

Pour la direction, accorder 6 % d’augmentation est impossible au regard des résultats d’Air France, sauf à réaliser « un retour en arrière », a plaidé Franck Terner, le directeur général de la compagnie.

Du côté des syndicats, cette proposition ne convainc pas. « Le courriel de M. Terner est un peu méprisant dans ses termes » et il propose « quelque chose qui n’a ni queue ni tête », a commenté Philippe Evain, patron du SNPL, majoritaire dans les cockpits d’Air France. Selon lui, le dirigeant de la compagnie « propose de lever le conflit » sans rien obtenir de concret en échange. « Ce n’est vraiment pas sérieux et pas à la hauteur de la problématique », qui est de « rembourser » l’argent que le personnel a « prêté » à la compagnie ces dernières années, a-t-il insisté.

De nouveaux préavis de grève ont également été déposés par les syndicats de la compagnie les 17 et 18 avril, puis les 23 et 24 avril. Selon la direction, le conflit a déjà « détruit près de 170 millions d’euros de résultat 2018 ».