Ils candidatent en tandem pour diriger et bousculer le Medef

ECONOMIE Le Nantais Vincent Charpin et le Parisien Jean-Charles Simon sont candidats à la présidence du premier syndical patronal de France...

Frédéric Brenon

— 

Vincent Charpin et Jean-Charles Simon, candidats en duo à la tête du Medef.
Vincent Charpin et Jean-Charles Simon, candidats en duo à la tête du Medef. — F.Brenon/20Minutes

Et si le successeur de Pierre Gattaz à la tête du Medef était un duo ? C’est le défi que se sont fixé le Nantais Vincent Charpin et le Parisien Jean-Charles Simon. Le premier dirige trois entreprises dans les domaines de la gastronomie et de l’événementiel et est l’actuel président du Medef des Pays de la Loire. Le second préside une société spécialisée dans les statistiques et a déjà été directeur général du Medef de 2008 à 2010. Tous deux font candidature commune pour l’élection à la présidence du premier syndical patronal de France prévue début juillet. Et ambitionnent de réformer en profondeur la puissante institution.

« Le patron des patrons, ce n’est pas trop notre truc »

« Un tandem, c’est extrêmement novateur. Mais ça a du sens. L’expression "le patron des patrons", ce n’est pas trop notre truc. A plusieurs, on est plus forts. Le Medef ne peut se concevoir que comme ça. » Cette vision collective passe par une gouvernance « collégiale » et « plus représentative ». Le duo propose ainsi que ce soient les entreprises adhérentes qui élisent directement la présidence du Medef national et non plus des grands électeurs. « Ce serait une révolution formidable. Pour impliquer davantage les PME et les territoires, il faut leur donner davantage de poids. »

Cela passe aussi par une ouverture aux autres organisations, notamment patronales (CGPEM et Afep). « On veut rebâtir les relations, tendre la main à tout le monde. Etre capable de parler d’une seule voix sur certains sujets. »

En rupture avec le paritarisme

Autre rupture, résolument libérale : se défaire autant que possible du paritarisme, ce système qui veut qu’un grand nombre d’organismes économiques et sociaux (sécurité sociale, assurance-chômage, santé-prévoyance, retraites complémentaires, formation, prud’hommes…) soient gérés par le patronat et les syndicats de salariés.

« Ce système ne fonctionne plus et bloque les énergies. Si le Medef ne le cautionne plus, il n’aura plus d’équilibre. Pour changer vraiment les choses, cela passe par là. » Le duo suggère plutôt de renforcer les conseils et services aux entreprises, et de lancer un think-tank pour « mieux anticiper les sujets de société ».

Déjouer les pronostics ?

Vincent Charpin et Jean-Charles Simon ne sont pas favoris. Un rang qui convient davantage à Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot. Mais ils croient dur comme fer en leur chance. « Proposer autant de changements c’est un risque, reconnaît Vincent Charpin. Mais on sent que ça répond à une demande. C’est aussi l’époque, on le voit en politique. » « Nous ne sommes pas candidats pour un poste mais pour un projet, insiste Jean-Charles Simon. On ira jusqu’au bout. »

>>> Mise à jour: Jean-Charles Simon et Vincent Charpin, qui avaient pourtant annoncé qu'ils iraient « jusqu'au bout », ont retiré leur candidature le 15 mai 2018. Ils soutiennent le candidat Geoffroy Roux de Bézieux.