Carrefour: Au moins 300 magasins touchés par la «grève générale» contre les suppressions de postes

GRANDE DISTRIBUTION Selon la CFDT, 170 hypermarchés (sur 220) et 130 supermarchés (sur environ 470) sont mobilisés, avec un taux de grévistes avoisinant «50%»...

H. B.

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Le magasin Carrefour de Nantes (image d'illustration).
Le magasin Carrefour de Nantes (image d'illustration). — LOIC VENANCE / AFP

Magasins fermés, rayons pas approvisionnés… Il sera difficile de faire ses courses dans les magasins Carrefour ce samedi. Après l’annonce en janvier de la suppression de milliers de postes, les syndicats FO, CGT et CFDT du groupe appellent les salariés à faire grève ce week-end pour défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat.

Selon les informations remontées à 10h, « environ 300 magasins » intégrés « sont dans le mouvement », a indiqué Sylvain Macé (CFDT). Selon lui, 170 hypermarchés (sur 220) étaient mobilisés et 130 supermarchés (sur environ 470), avec un taux de grévistes avoisinant « 50 % ».  La CGT a de son côté pronostiqué une « énorme mobilisation » sur la moitié des hypermarchés. Celui d’Ollioules (Var) était fermé vendredi, a précisé le syndicat, avec « 80 % » de grévistes.

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La direction du groupe Carrefour a de son côté indiqué que sur 220 hypermarchés, « une trentaine » étaient « bloqués » à 10h30. Le mouvement pourrait entraîner, selon la SNEC CFE-CGC, « entre 40 et 50 millions d’euros » de perte de chiffre d’affaires.

Les entrepôts déjà bloqués ce vendredi

Avec des entrepôts déjà mobilisés et des cadres « déconnectés », la manifestation de la « colère » des salariés de Carrefour a commencé à prendre forme dès vendredi, à la veille de la « grève générale ».

Sur les 24 entrepôts que le géant de la distribution compte en France, 22 ont « bougé » vendredi, selon Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe. Neuf étaient « déjà partis » en grève vendredi matin, a indiqué Sylvain Macé (CFDT). Il s’agissait de « barrages filtrants », voire par endroits « quasiment bloquants », a de son côté précisé Philippe Allard (CGT). Parmi les entrepôts touchés, la CGT a cité Ploufragan (Côtes-d’Armor), Rennes, Le Mans, Salon-de-Provence ou Colomiers (Haute-Garonne).

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Quand aux cadres, ils ont « bien adhéré » vendredi à l’appel à la « déconnexion totale » de 9h à 11h lancé par leur syndicat, le SNEC CFE-CGC, a souligné son représentant Thierry Faraut. Le SNEC CFE-CGC ne s’associe pas au mouvement de grève, mais il était « important » de « faire passer un message » à la direction, a-t-il expliqué. Sur Twitter, les cadres et agents de maîtrise de plusieurs hypermarchés à Nice, Angers, Toulon ou Châlons-en-Champagne ont d’ailleurs posté des messages et des photos pour témoigner de leur mouvement, faisant état de « conditions de travail et salariales qui se dégradent ».