Bretagne: Le volailler Tilly-Sabco de nouveau en redressement judiciaire

SOCIAL Le groupe emploie 64 personnes sur son site de Guerlesquin dans le Finistère...

J.G. avec AFP

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L'usine de Tilly-Sabco est située à Guerlesquin dans le Finistère.
L'usine de Tilly-Sabco est située à Guerlesquin dans le Finistère. — Fred Tanneau / AFP

Après plusieurs crises ces dernières années, l’agroalimentaire breton est de nouveau dans la tourmente. Vendredi, on apprenait que le groupe Doux allait demander son placement en liquidation judiciaire le 3 avril devant le tribunal de commerce de Rennes. Ce mardi, c’est le volailler Tilly-Sabco International qui a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Brest.

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« Une procédure de redressement judiciaire a été ouverte. Tilly-Sabco International est donc en période d’observation », a indiqué Valérie Léger, avocate de la société, au terme d’une audience à huis clos. Le tribunal a fixé la période d’observation de l’entreprise, qui emploie 64 personnes, à deux mois. Une nouvelle audience est prévue le 22 mai.

134 salariés sur le carreau lors de la reprise en 2016

« C’est une décision que nous avons demandée mais c’est une décision difficile parce que ce n’était pas du tout ce qui était projeté au départ. C’est un moment douloureux pour toute l’équipe de Tilly-Sabco tant pour les dirigeants que les salariés », a souligné Me Léger, évoquant un marché « extrêmement difficile » et une « concurrence très rude ».

La société néerlandaise Wegdam Food Link avait repris en décembre 2016 l’usine de Guerlesquin, qui produit des saucisses de poulets, laissant 134 salariés sur le carreau sur les près de 200 qu’elle comptait à l’époque.

Trois plans sociaux en quatre ans dans l’usine

L’ancien abattoir de poulets avait déjà été sauvé de la faillite en décembre 2014 par trois investisseurs : la CCI de Morlaix, le britannique MS Foods et un fonds d’investissement, le Breizh Algae Invest, lancé par le groupe Olmix spécialisé dans les biotechnologies. Ce rachat avait permis la sauvegarde de près de 200 emplois sur les plus de 320 que comptait l’entreprise.

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« Nous en sommes à trois plans sociaux en quatre ans », a souligné Nadine Le Guen, déléguée CGT de l’usine. « Les salariés sont fatigués et en ont ras le bol », a-t-elle ajouté, précisant qu’une partie d’entre-eux était au chômage technique partiel depuis trois semaines.