Jeux vidéo: Vivendi rend sa liberté à Ubisoft, qui s'allie avec Tencent

JEUX VIDEO L'éditeur français fait rentrer dans son capital le géant internet Tencent, qui va l'aider à accélérer son développement en Chine...

M.C. avec AFP

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Le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, en 2013.
Le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, en 2013. — M.BUREAU/AFP

Rayman échappe à Vivendi. Le géant des médias a renoncé à sa prise de contrôle hostile d’Ubisoft en annonçant mardi la vente de sa participation dans le capital de l’éditeur français de jeux vidéo pour deux milliards d’euros.

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Le départ de Vivendi permet à la famille des fondateurs d’Ubisoft de reprendre le contrôle du groupe, en rachetant une partie des actions cédées par le groupe de médias, et de faire rentrer au capital de l’éditeur, à hauteur de 5 %, un partenaire stratégique chinois, le géant internet Tencent.

Le marché chinois dans le viseur

L’accord avec Tencent va aider Ubisoft à accélérer son développement en Chine et à « exploiter un marché dont le potentiel est considérable », a déclaré Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft. « Tencent est la première plateforme mondiale avec un milliard de joueurs mensuels, c’est une force de frappe considérable », a souligné Alain Martinez, le directeur financier du groupe français.

Même s’ils n’ont pas d’autorisation de vente officielle en Chine, les jeux vedettes d’Ubisoft comme Assassin’s Creed ou Rainbow Six sont déjà très joués dans ce pays : les joueurs se les procurent de manière non officielle via Hong Kong ou Taïwan, ou bien sur des plateformes de téléchargement international.

Mais l’accord avec Tencent met Ubisoft « en meilleure position pour obtenir l’autorisation d’un jeu », puis pour le distribuer et apporter « un support opérationnel au jour le jour » aux joueurs, a expliqué Alain Martinez.

Un échec pour le groupe de Vincent Bolloré

Vivendi réalise une confortable plus-value dans l’opération, puisque le groupe avait acquis sa participation ces trois dernières années pour un montant global de 794 millions d’euros. Mais cela reste un échec pour le groupe de Vincent Bolloré, qui avait assuré que sa montée au capital d’Ubisoft manifestait « une volonté d’actionnariat à long terme ».

Ubisoft n’était pas la seule participation à problème pour Vivendi. Le groupe de Vincent Bolloré fait face actuellement à une fronde menée par le fonds d’investissement activiste Elliott chez Telecom Italia (Tim), dont il détient 24 % du capital. Vivendi est également à couteaux tirés avec le groupe italien Mediaset, dont il détient aujourd’hui 28,8 % du capital.

Le fonds de pension Ontario Teachers va aussi entrer au capital d’Ubisoft, à hauteur de 3,4 %. L’éditeur de jeux vidéo rachète aussi lui-même une partie des titres de Vivendi. Et le reste sera placé auprès de divers investisseurs.