Doux: Le groupe volailler bat de l’aile, des centaines d’emplois menacés

ECONOMIE Une offre de reprise a été formulée par un industriel ukrainien...

C.A. avec AFP

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L'usine du groupe Doux à Châteaulin, le 1er juin 2012.
L'usine du groupe Doux à Châteaulin, le 1er juin 2012. — FRED TANNEAU / AFP
  • Le groupe volailler affiche des pertes de plus de 35 millions d'euros par an.
  • Le principal actionnaire, la coopérative Terrena, ne veut plus éponger les dettes.
  • Une offre de reprise du groupe ukrainien MPH est à l'étude.
  • 1.200 emplois sont menacés.

Les temps sont durs chez Doux. Le groupe volailler, dont le siège social est basé à Châteaulin (Finistère), est en grande difficulté financière. Terrena, son actionnaire principal, a annoncé subir des pertes annuelles de plus de 30 millions d’euros. Un gouffre que la coopérative de Loire-Atlantique affirme ne plus vouloir boucher, deux ans seulement après avoir repris la gestion du groupe breton. Un investisseur ukrainien s’est récemment positionné pour reprendre une partie des activités de Doux mais l’offre reste encore assez floue. 20 Minutes fait le point sur ce dossier.

Pourquoi le groupe Doux est-il en difficulté ?

Comme en 2012, la direction de Doux va devoir expliquer à ses salariés de Châteaulin ou de Chantonnay (Vendée) qu’ils risquent de perdre leur job à cause du taux de change défavorable de l’euro face au real brésilien. Ou parce que les droits de douane en Arabie Saoudite ont augmenté. Pas simple. Si le troisième producteur de volailles européen est en difficulté, c’est qu’il vend beaucoup (trop) à l’export.

« Produire moins cher que les Brésiliens, ce n’est plus possible »

Dépendant des taux de change, les poulets congelés français ont bien du mal à être compétitifs dans un marché où seul le prix compte. « Produire moins cher que les Brésiliens depuis la France, ce n’est plus possible », expliquait récemment Christophe Couroussé, directeur du pôle volailles de Terrena, dans un article d’Ouest-France. Un nouveau modèle devait être inventé. Il n’a visiblement pas porté ses fruits.

Quelles sont les menaces sur l’emploi ?

En 2012, un millier de personnes avaient été remerciées. Six ans plus tard, c’est bien la totalité des effectifs qui est menacée. Face à son incapacité à enrayer ses pertes, l’entreprise pourrait être tout simplement liquidée. Le groupe Doux emploie actuellement 1.200 personnes, auxquelles s’ajoutent un peu moins de 300 éleveurs.

Qui peut sauver Doux ?

La seule offre de rachat connue a été formulée par le groupe ukrainien MHP, mais elle reste encore floue. Un temps annoncée, la suppression de 550 emplois a été contestée par l’investisseur. Mais selon les syndicats, il ne serait pas intéressé par le site de Chantonnay (Vendée), où travaillent 300 personnes. « L’annonce de la cessation d’activité du site de Chantonnay se ferait dès la semaine prochaine », a indiqué la syndicaliste Nadine Hourmant, déléguée syndicale centrale FO.

Selon des sources proches du dossier, le siège du volailler, qui emploie une centaine de personnes à Châteaulin, ne serait pas non plus repris par MHP. Un nouveau CCE est prévu le 21 mars.

Que proposent les politiques pour aider le groupe ?

Pour l’instant, pas grand-chose. Le Premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé devant l’Assemblée nationale mais est resté évasif. « Si nous arrivons à construire un projet de reprise crédible, commercialement, socialement, économiquement, qui permette au plus grand nombre de sites et de salariés d’être repris durablement, évidemment l’État sera au soutien ».

Le député du Finistère et patron du groupe La République en marche Richard Ferrand suit le dossier avec attention. « C’est tout l’ouest de la France qui retient son souffle, toute une filière d’élevage qui craint pour son avenir », a-t-il déclaré.