Gironde: «Il est hors de question que Ford s'en aille de Blanquefort», clame Philippe Poutou

SOCIAL Les syndicats ont mobilisé un peu plus de 200 salariés ce lundi pour un débrayage devant l'usine de Blanquefort, après l'annonce de l'industriel de se désinvestir du site...

Mickaël Bosredon

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Philippe Poutou devant l'usine Ford de Blanquefort lors d'un débrayage, le 5 mars 2018.
Philippe Poutou devant l'usine Ford de Blanquefort lors d'un débrayage, le 5 mars 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le leader emblématique de la CGT de l'usine Ford de Blanquefort ne veut pas entendre parler d'une reprise.
  • Les syndicats appellent à une journée usine morte sur le site vendredi prochain, jour de comité de suivi à la préfecture de la Gironde.
  • La maire de la ville Véronique Ferreira veut lancer une campagne numérique pour atteindre à l'e-réputation de Ford.

Il est remonté comme jamais. Philippe Poutou, syndicaliste CGT et ex-candidat à la présidentielle sous les couleurs du NPA, a retrouvé sa verve après l'annonce de Ford de ne plus investir après 2019 dans son usine emblématique de Blanquefort (Gironde), près de Bordeaux, qui emploie 910 salariés.

Et la révélation au cours du week-end d'un éventuel repreneur allemand ne satisfait pas du tout le syndicaliste.

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« L’objectif c’est de relever la tête tous ensemble, de se dire qu’on a les moyens de changer la donne, clame Philippe Poutou. Il faut organiser les actions pour la semaine, en espérant que petit à petit on arrive à construire une véritable mobilisation. L’axe pour nous, c’est le refus total d’un repreneur : c’est un truc bidon ça. Il est hors de question que la multinationale Ford, après toutes les aides publiques qu’elle a reçues pendant des années, s’en aille. On ne donne pas le droit à Ford de décider de partir. Alors on va se mobiliser pour le maintien de l’activité sur le site, et on se dit qu’avec des points d’appui comme le gouvernement, Juppé, Rousset, on a les moyens de faire plier Ford. »

Débrayage chez Ford à Blanquefort le 5 mars 2018, après l'annonce de l'industriel de se désengager du site
Débrayage chez Ford à Blanquefort le 5 mars 2018, après l'annonce de l'industriel de se désengager du site - M.Bosredon/20Minutes

« Dans l’usine ça discute sérieusement »

Le syndicaliste n’a pas la mémoire courte, et se souvient qu’il y a quelques années la question d’un repreneur avait déjà été mise sur la table. « On a l'expérience de HZ en 2008, qui était un repreneur complètement bidon qu’on nous avait proposé avant que Ford ne revienne. On peut discuter d’autres exemples, comme GM & S, où on a proposé un repreneur alors qu’il n’y a aucun espoir que ça survive. C’est un piège la reprise. C’est faire croire qu’on peut limiter la casse… Et pour une usine comme la nôtre, ce n’est pas crédible un repreneur. Soit il y a un vrai projet et on le met sur la table, soit on veut nous piéger et on a toutes les raisons de refuser ça. »

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Reste la question de la mobilisation des salariés. Ils étaient plus nombreux ce lundi que la semaine dernière.

C’est donc bon signe pour les syndicats qui revendiquent l’unité. Mais le fatalisme se ressent tout de même chez certains encore. « Dans l’usine ça discute sérieusement, assure Philippe Poutou. On verra bien dans les semaines qui viennent comment la mobilisation va se reconstruire. Mais il ne faut pas gâcher la chance de sauver cette usine-là. Il faut qu’on y arrive. »

Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018. - M.Bosredon/20Minutes

« Mettre une pression numérique sur Ford »

A l’occasion d’un nouveau comité de suivi ce vendredi, les syndicats demandent une grosse journée de mobilisation, et appellent à une journée usine morte. Ils souhaitent une autre journée d’action le 15 mars, à l’occasion de la venue de la direction de Ford Europe sur le site de Blanquefort.

Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, devant les salariés de l'usine Ford lors d'un débrayage le 5 mars 2018.
Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, devant les salariés de l'usine Ford lors d'un débrayage le 5 mars 2018. - M.Bosredon/20Minutes

La maire de Blanquefort, Véronique Ferreira (PS), qui est allée à la rencontre des salariés ce lundi, demande de son côté de « mettre une pression numérique sur Ford » via les réseaux sociaux, et d’atteindre, « sans agressivité », à la e-réputation de l’industriel.