Saint-Nazaire: Comment STX devient un acteur important de l'éolien en mer

INDUSTRIE Il n’y a pas que les paquebots aux chantiers navals de Saint-Nazaire. STX est en train de s’affirmer comme un acteur de premier plan pour les éoliennes…

20 Minutes avec AFP

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Une éolienne marine sur une barge, à Saint-Nazaire.
Une éolienne marine sur une barge, à Saint-Nazaire. — JF Monier/AFP
  • Une sous-station électrique destinée à raccorder un énorme champ éolien en mer Baltique a été livrée jeudi.
  • STX France fait désormais partie des plus grands constructeurs de plateformes destinées aux éoliennes en mer.

Deux plateformes livrées depuis le début de l’année pour des parcs éoliens en mer européens, trois commandes prêtes à être concrétisées en France : jeune acteur dans le marché ultra-compétitif des énergies marines renouvelables (EMR), STX France veut occuper désormais une place de premier plan.

« On n’existait pas sur ce marché des EMR il y a sept ans et aujourd’hui on fait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires », s’est réjoui jeudi le directeur général de STX France Laurent Castaing, après avoir livré à Saint-Nazaire l’une des plus grandes sous-stations électriques européennes.

Gigantesque sous-station

Destinée au champ d’Arkona en mer Baltique, développé par le groupe allemand E.ON et norvégien Statoil, cette plateforme doit raccorder 60 éoliennes d’une capacité totale de 385 mégawatts (MW) à une station à terre et ainsi permettre d’alimenter en électricité propre 400.000 foyers allemands à partir de 2019.

Pour le chantier naval et ses sous-traitants, cette gigantesque sous-station (longue de 50 m et large de 35 m) a représenté « des centaines de milliers d’heures de travail ». STX doit encore installer, d’ici quelques semaines, un « gros paquet de 4.000 tonnes, plus un autre paquet de 1500 tonnes au milieu de la mer Baltique » et sera chargé de la maintenance pendant un an, a rappelé Laurent Castaing.

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Le 10 janvier, le constructeur naval de Saint-Nazaire avait livré une autre sous-station électrique, à destination d’un champ éolien en mer du Nord pour le consortium belge Rentel. « Notre ambition était d’être parmi les trois grands constructeurs de sous-stations. Aujourd’hui, avec les livraisons de ces deux sous-stations, nous sommes bien sur le podium », a souligné le directeur général de STX France.

Négociation exclusive avec EDF

L’entreprise avait pris le virage de l’éolien en mer en 2010, avant les premiers appels d’offres pour des parcs offshore français, et alors que la construction navale, le cœur de métier de STX qui fabrique les plus gros paquebots du monde, était à la peine. Le chantier naval de Saint-Nazaire avait remis une première sous-station électrique en avril 2014 à la compagnie danoise Dong Energy, avant d’engranger en 2015 et 2016 les deux commandes majeures pour les sous-stations qui viennent d’être livrées.

Le pont supérieur de la sous-station offshore «Arkona» lors de sa livraison à Saint-Nazaire le 1er mars 2008.
Le pont supérieur de la sous-station offshore «Arkona» lors de sa livraison à Saint-Nazaire le 1er mars 2008. - JF Monier/AFP

STX n’a pas encore officiellement décroché de nouveaux contrats dans ce secteur, mais son usine entièrement dédiée aux EMR, inaugurée en 2015, ne devrait pas rester vide très longtemps.

EDF Energies nouvelles a en effet annoncé jeudi être en « négociation exclusive » avec STX France et General Electric (GE) pour construire les sous-stations électriques des trois parcs que le groupe développe au large des côtes françaises, à Saint-Nazaire, Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados). Chacune des trois sous-stations représenterait un contrat de 100 millions d’euros pour le consortium STX-GE, a-t-il avancé.

Quatre plateformes et neuf paquebots à construire ?

Dans le reste de l’Europe, où « le marché se situe entre 2 et 3 gigawatts de commandes de sous-stations chaque année », STX espère décrocher « une autre commande avant la fin de l’année », a indiqué Laurent Castaing.

Ce qui pourrait porter à quatre le nombre de plateformes à construire dans les prochaines années pour STX, en plus des neuf paquebots de croisière que le chantier naval et ses quelque 2600 salariés doivent livrer d’ici l’automne 2022.