Des futurs ex-salariés de Castorama et de Brico Dépôt vont devoir former leurs remplaçants polonais

DELOCALISATION Le groupe anglais Kingfisher a annoncé ce mardi la suppression de 321 postes chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt…

H. B.

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Illustration d'un magasin Castorama.
Illustration d'un magasin Castorama. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

« Le capitalisme poussé à son cynisme extrême ». Le groupe britannique d’enseignes de bricolage Kingfisher a annoncé ce mercredi que les salariés de ses enseignes Castorama et Brico Dépôt, qui vont être licenciés, vont devoir former les employés polonais qui vont les remplacer, rapporte France Info.

Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé ce mardi la suppression de 409 postes en France, 321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt, dans un groupe fort de 20.000 employés en France.

Une proposition « inconcevable » pour les salariés

« On prévoit que les salariés polonais viennent suivre des stages en France pour savoir et s’adapter à la comptabilité française, donc ils seraient formés par ceux qui sont licenciés et qui perdent leur emploi par rapport à cette délocalisation », a expliqué Jean-Paul Gathier, délégué Force ouvrière (FO) à l’issue d’un comité central d’entreprise qui s’est tenu au siège de Templemars près de Lille (Nord).

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« C’est le capitalisme poussé à son cynisme extrême », a-t-il dénoncé. Les salariés concernés jugent « inconcevable » cette proposition. « Quand ils ont appris ça, ils ont dit : « Ce sera sans nous. C’est hors de question » », a expliqué le syndicaliste à France Info.

Une « maladresse de formulation » selon la direction

Il s’agit d’une « maladresse de formulation », a précisé une porte-parole de Kingfisher, ajoutant que le groupe « prenait en considération les salariés et ce qu’ils peuvent ressentir ». Les nouveaux employés polonais « devront en effet être formés aux spécificités comptables françaises mais aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé d’assurer ces formations », a assuré dans un communiqué Olivier Lurson, directeur des ressources humaines.

Pour Jean-Paul Gathier, ce n’était pas une maladresse. « Je pense qu’ils avaient l’intention de le faire à la base mais ont reculé devant nos réactions ».