Spotify, qui perd encore beaucoup d'argent, officialise son entrée en Bourse

ECONOMIE Le service de streaming a déposé sa demande d'introduction à la Bourse de New York

20 Minutes avec AFP

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Le cofondateur et directeur général de Spotify, Daniel Ek, en 2016.
Le cofondateur et directeur général de Spotify, Daniel Ek, en 2016. — Mitsuru Tamura/AP/SIPA

Au printemps, vous pourrez donc acheter des actions « SPOT ». Mercredi, le service suédois de streaming musical Spotify a déposé sa demande d’introduction en Bourse sur le New York Stock Exchange à Wall Street, selon un document fourni au gendarme boursier américain (SEC).

La procédure devrait être réalisée en « cotation directe », un procédé atypique permettant à la société d’économiser des coûts liés à une entrée en Bourse traditionnelle, comme certaines commissions versées aux banques aidant les entreprises à séduire les investisseurs, et d’éviter de lever de nouveaux capitaux. Spotify n’a pas indiqué à quel prix il comptait réaliser ses premiers pas boursiers, mais vu vu de la fourchette sur le marché privé, CNBC estime que la valorisation de l’entreprise devrait se situer au maximum à 24 milliards de dollars.

378 millions d’euros de pertes opérationnelles

Dans son document d’introduction, la société suédoise affirme posséder 159 millions d’utilisateurs actifs mensuels sur sa plate-forme et 71 millions d’abonnés payants au 31 décembre 2017, le double de son principal rival Apple Music. Spotify revendique une part de marché de 41 %, 42 % et 59 % aux Etats-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni, ses trois principaux marchés.

Dans ce document, Spotify affirme avoir vu ses revenus bondir de 38 % l’an dernier par rapport à 2016, à 4,09 milliards d’euros mais a accusé des pertes de l’ordre de 1,24 milliard d’euros. Ce chiffre comprend des pertes opérationnelles (d’exploitation) de 378 millions d’euros mais également plus de 800 millions d’euros de financement car l’entreprise a levé des fonds non pas en capital mais en dette. Entrer en Bourse en perdant de l’argent est commun dans le secteur des nouvelles technologies : il a fallu quatre ans à Twitter pour dégager son premier bénéfice trimestriel.