Toulouse: L'Etat renonce à la privatisation de l'aéroport de Blagnac

ECONOMIE L'Etat, qui possède encore 10,01% de parts dans la société gestionnaire de l'Aéroport Toulouse-Blagnac, annonce qu'il ne les vendra pas à l'actionnaire chinois, déjà propriétaire de 49,49% des parts...

B.C.

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L'aéroport de Toulouse-Blagnac.
L'aéroport de Toulouse-Blagnac. — B. Colin / 20 Minutes
  • L’Etat renonce à vendre ses 10,01 % à la société Casil Europe, propriétaire depuis trois ans de 49,99 % des parts de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.
  • Les autres actionnaires publics demandaient depuis plusieurs mois au gouvernement que l'actionnariat public reste majoritaire.

La privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac n’est plus d’actualité. C’est ce qu’a révélé BFM Business ce lundi matin, information confirmée à l’AFP par une source gouvernementale. L’Etat, encore propriétaire de 10,01 % des parts de la société gestionnaire de la plateforme, renonce officiellement à céder ses actions à Casil Europe, un consortium chinois à qui il avait déjà vendu 49,99 % de ses parts il y a trois ans.

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A partir du 18 avril, le gouvernement avait en effet la possibilité de vendre ses dernières parts à l’actionnaire principal et de laisser ainsi la majorité au privé.

Depuis plusieurs mois, les autres actionnaires publics - la CCI (25 %), le Département (5 %) la Région (5 %) et Toulouse Métropole (5 %) - étaient vent debout contre cette solution et l’avaient fait savoir à de nombreuses reprises.

Bruno Le Maire les a donc entendus. Son cabinet a ainsi contacté récemment les collectivités et « on a commencé à nous dire que l’option de vendre n’était plus d’actualité », confirme un des actionnaires publics.

« Sage décision »

« C’est une sage décision, la mobilisation des collectivités a été payante », relève Pascal Boureau le représentant du Conseil départemental de Haute-Garonne au sein du conseil de surveillance de la société d’ATB.

« Si elle se confirme, la décision de l’Etat de renoncer à vendre ses parts dans l’actionnariat de l’aéroport de Toulouse Blagnac est une bonne nouvelle, qui va dans le sens de l’intérêt général et préserve les intérêts de notre territoire.
Elle répond positivement aux demandes fortes que nous avons exprimées avec constance ces derniers mois au nom de Toulouse Métropole, aux côtés de la Région, du Département et de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Chaque fois que les actionnaires locaux pourront parler d'une seule voix au Gouvernement ce sera un atout pour être entendus », a réagi de son côté Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole.

Reste à savoir si cette décision est là pour apaiser temporairement la colère de ces autres actionnaires publics, prêts à racheter ses 10,01 % estimés à 60 millions d’euros, et sera toujours d’actualité en 2019.

L’Etat peut en effet exercer son droit de vente - uniquement à Casil Europe - durant une année à partir du 18 avril prochain. En coulisses, il se dit qu’il pousserait surtout le consortium chinois à revendre ses actions. Depuis son arrivée au sein du conseil d’administration d’ATB, Casil Europe s'est attiré les foudres à plusieurs reprises, en touchant notamment au bas de laine de la société, constitué bien avant son arrivée aux affaires.