Renault: Réduction de salaire, nomination... Ça bouge à la tête du constructeur automobile

MANAGEMENT Carlos Ghosn a accepté de revoir son salaire à la baisse tandis qu'un nouveau numéro 2  a été nommé...

Guillaume Novello

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Carlos Ghosn, le 1er mars 2016.
Carlos Ghosn, le 1er mars 2016. — FABRICE COFFRINI / AFP

Carlos Ghosn devrait très probablement rempiler pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de Renault. « Le conseil d’administration a décidé de proposer le renouvellement du mandat d’administrateur de Monsieur Carlos Ghosn qui sera soumis à l’Assemblée générale des actionnaires le 15 juin », a indiqué Renault dans un communiqué, jeudi soir.

Les administrateurs ont fixé « trois objectifs prioritaires » pour le prochain mandat. Le PDG devra, selon eux, « piloter les enjeux stratégiques du Plan Drive the Future », qui vise un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros en 2022 contre un peu plus de 50 en 2016. Il devra aussi « engager les étapes décisives permettant de rendre l’Alliance pérenne » et « renforcer le plan de succession à la tête du Groupe Renault ».

Baisse du salaire de 30 %

Néanmoins, s’il est reconduit, Carlos Ghosn a également accepté de revoir son salaire à la baisse. « L’Etat [qui détient environ 15 % du capital] a voté la rémunération de M. Carlos Ghosn puisque M. Carlos Ghosn a accepté une diminution de son salaire de 30 % », a indiqué Bruno Le Maire​. L’actionnaire public avait voté l’an dernier contre une résolution sur la rémunération du PDG, chiffrée à 7,25 millions d’euros, la jugeant « excessive ». « C’est la première fois depuis trois ans que l’Etat approuve la rémunération de Carlos Ghosn », indique-t-on à Bercy.

>> A lire aussi : Comment Carlos Ghosn pourrait augmenter (grassement) son salaire sans l'aval des actionnaires

Enfin, le patron de Renault a décidé, « après avoir reçu l’avis favorable du Conseil d’administration, de nommer Monsieur Thierry Bolloré aux fonctions de Directeur Général Adjoint Groupe, à compter du 19 février 2018 ». ce dernier est arrivé chez Renault en 2012 après une carrière internationale, dont plusieurs postes en Asie, pour le manufacturier de pneumatiques Michelin et l’équipementier Faurecia. Agé de 54 ans, il était jusqu’ici directeur délégué à la compétitivité.

L’Etat français insistait de longue date pour créer ce poste de numéro deux. Celui-ci aurait vocation à succéder ultérieurement à Carlos Ghosn. Le gouvernement n’avait pas caché sa volonté de voir un Français nommé à ce poste. Il s’inquiète notamment pour la pérennité de l’alliance et son ancrage français, dans la perspective de l’après Carlos Ghosn.