Marseille: Les hôtels de luxe fleurissent pour faire rayonner la ville

TOURISME La ville de Marseille est passée d’un hôtel haut de gamme en 2013 à plus d’une vingtaine aujourd’hui…

Adrien Max

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L'InterContinental - Hotel Dieu à Marseille
L'InterContinental - Hotel Dieu à Marseille — ROUSSEL/SIPA
  • La ville de Marseille a largement développé son offre en termes d’hôtels haut de gamme, en passant d’un seul en 2013 à plus d’une vingtaine aujourd’hui.
  • Cela permet d’améliorer l’image de la ville et d’attirer des touristes haut de gamme.
  • Le tourisme d’affaire a pu se développer grâce à cette offre.

Les hôtels de luxe poussent comme des champignons ces derniers temps à Marseille. Pourtant en 2013, lors du lancement de Marseille capitale européenne de la culture, la ville ne disposait que d’un hôtel 4 étoiles. Depuis, elle a largement comblé son retard puisque pas moins de quatre hôtels 5 étoiles, et 18 hôtels 4 étoiles ont ouvert dans la ville.

La mairie ne semble pas vouloir s’arrêter en si bon chemin, comme en témoigne l’ouverture prochaine d’un hôtel 4 étoiles en plein cœur du quartier de Noailles, réputé pour être populaire. Le projet d’hôtel à la villa Valmer, qui devait être soumis au dernier conseil municipal avant d’être reporté car « encore en pleine négociation », selon la ville, va également en ce sens. Si l’offre était quasiment inexistante en 2013, ne deviendrait-elle pas trop importante aujourd’hui ?

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Rayonnement à l’international

Les bons chiffres avancés par l’office du tourisme, près de 70 % de taux de remplissage, laissent à penser que le marché n’est pas saturé. Mais la municipalité veille au grain. « On ne peut pas refuser de projet mais nous nous efforçons d’étaler leur ouverture dans la durée », explique Dominique Fleury-Vlasto, adjointe en charge du tourisme à la mairie.

Au contraire, ces établissements semblent nécessaires pour l’attrait touristique et l’image de Marseille. Ils permettent de cibler un tourisme haut de gamme, avec d’importantes retombées économiques. « Ces établissements de grande qualité nous permettent de toucher une clientèle que l’on recherche, comme celle des pays asiatiques, des pays du Golfe, ou du Brésil », détaille l’élue. Selon elle, un bon taux de remplissage des hôtels de luxe favoriserait le celui des autres hôtels, eux aussi remplis à près de 70 %.

Madelijn Vervoord, la directrice générale de l’hôtel InterContinental, le plus gros hôtel 5 étoiles de Marseille avec 194 chambres, n’est pas inquiète de l’ouverture de nouveaux hôtels, à une condition.

« Il faut que ces nouveaux hôtels créent leur clientèle. Toute ouverture de marque connue internationalement favorise le rayonnement de la ville, ce qui est bénéfique pour tous. Grâce à nos 105 millions clients porteurs de cartes, nous avons fait venir des touristes de très loin qui n’étaient jamais venus. Et qui parlerons de Marseille à d’autres. »

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Tourisme d’affaire

Plus que leur nombre, la taille des établissements est regardée de très près. « Nous avons besoin de ce genre d’établissement pour attirer une nouvelle clientèle mais nous n’avons pas besoin de grand hôtel », ajoute Dominique Fleury-Vlasto.

Ces hôtels ont également permis le développement d’un tourisme d’affaire, avec l’organisation de nombreux congrès.

« Nous sommes toujours en lice avec une autre ville pour organiser le prochain congrès mondial de l’environnement, l’IUCN. Ces hôtels nous permettent d’héberger les chefs d’État, les grands groupes mondiaux. »

En 2017, Marseille a organisé plus de 800 congrès, pour des retombées estimées à 350 millions d’euros.

« Un emploi dans le tourisme, c’est la création de cinq emplois indirects, pour les taxis, les boutiques, les restaurants », explique la directrice de l’Intercontinental qui accueille environ 40 % de touristes d’affaire. Selon elle, Marseille est capable d’absorber encore plus de chambres : « Si l’on compare avec Lyon, nous sommes encore en retard ». Les hôtels de luxe n’ont donc pas fini de pousser à Marseille.