Intermarché lance une brique de lait qui rémunère mieux les éleveurs (et l’écrit dessus)

CONSOMMATION La marque «Les éleveurs vous disent merci» est commercialisée depuis quelques jours dans les magasins Intermarché...

Julie Urbach

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Intermarché lance la marque de lait
Intermarché lance la marque de lait — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Dans la lignée des laits équitables, Intermarché vient de lancer une gamme intitulée «Les éleveurs vous disent merci» avec les producteurs de sa laiterie, située à Saint-Père-en-Retz en Loire-Atlantique.
  • Elle est vendue 88 centimes la brique (moins cher que ses concurrents) et la moitié de la somme est reversée à l'éleveur.

Il y a Gaël, Elodie, ou Vincent… Depuis quelques jours, ces producteurs de Loire-Atlantique sont aussi les égéries d’une nouvelle marque de lait. Et même de « celle qui rémunère le mieux ses éleveurs » (44 centimes le litre), assure-t-on chez « Les éleveurs vous disent merci ». Emboîtant le pas aux initiatives citoyennes comme « C’est qui le patron » ou « En direct des éleveurs », la brique de lait demi-écrémé est vendue au prix de 88 centimes d’euros depuis samedi, dans les 1.800 magasins Intermarché de France uniquement. Et pour cause : le groupement, via la laiterie qu’elle possède à Saint-Père-en-Retz (et ses 400 éleveurs partenaires), est partie prenante du projet.

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« En 2016, on a fait part à la direction de notre idée de créer une marque pour que les éleveurs soient capables de se rémunérer, se rappelle Valéry Chéneau, président de l’organisation des producteurs. La crise a été très violente, même si à Saint-Père, on n’est jamais passé en dessous de 30 centimes le litre. » Le prix d’achat est depuis remonté à 33 centimes pour le gros des volumes collectés. Toujours insuffisant pour rentrer dans ses frais.

Gael Drouet, Valéry Cheneau et Elodie Ricordel font partie de l'organisation des producteurs
Gael Drouet, Valéry Cheneau et Elodie Ricordel font partie de l'organisation des producteurs - J. Urbach/ 20 Minutes

Voulant réaffirmer ce statut original de « producteur commerçant », et sentant probablement le vent tourner, la direction de la laiterie et d’Intermarché acceptent sous conditions. « Il fallait un prix de vente compétitif, accessible à tout le monde », indique René Grelaud, directeur de la laiterie, qui rappelle qu’une brique classique de la marque distributeur Pâturages est vendue à 75 centimes. On a fait beaucoup d’efforts pour réduire les coûts : sur les 44 centimes restants, 20 reviennent à la laiterie, 20 pour la distribution et 4 à l’Etat via la TVA ».

Bientôt de la crème et du beurre

Un contrat de cinq ans a été signé, pour un objectif minimal de vente de 5 millions de litres de lait de la marque pour la première année (sur 270 millions de litres produits). Et avec un prix inférieur à celui de ses « concurrents » indépendants (qui s’approche plutôt d’1 euro la bouteille, dont 40 centimes environ reviennent à l’éleveur), Intermarché espère que cette gamme représentera, à terme, 20 % de ses ventes. Pour autant, le groupe n’est pas encore prêt à s’engager sur un prix de base du lait, comme l’a par exemple récemment annoncé le groupe Bel.

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Mais la démarche pourrait aller plus loin puisqu’une gamme de beurre et de crème devrait apparaître dans les rayons au printemps, sur le même modèle. « C’est une fierté, une reconnaissance de notre travail, juge Gael Drouet, éleveur à La Planche. Ça donne de la sérénité pour les années à venir, la possibilité d’investir dans nos infrastructures. » « C’est une solution pour attirer les jeunes, espère Valéry Chéneau. Un moyen aussi de construire une relation différente entre producteurs et industriels, et ce en toute bonne foi. »