Vent de panique à Wall Street, le Dow Jones plonge de 1.000 points

ECONOMIE Après les records de janvier, cette correction, alimentée par la crainte des investisseurs d'une remontée des taux, n'est pas vraiment une surprise...

20 Minutes avec AFP

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Un trader à Wall Street, alors que le Dow Jones a perdu près de 5%, le 5 février 2018.
Un trader à Wall Street, alors que le Dow Jones a perdu près de 5%, le 5 février 2018. — Richard Drew/AP/SIPA

Ce n’est pas le loup mais le plouf de Wall Street. Un mouvement de panique a saisi la Bourse américaine lundi, où l’indice vedette de la place new-yorkaise a drastiquement chuté après plusieurs mois d’euphorie boursière régulièrement saluée par le président Donald Trump.

Le Dow Jones Industrial Average a soudainement dévissé en deuxième partie de séance, et enfoncé en moins d’une heure les seuils des 500, 1.000 et 1.500 points perdus. Retransmise en direct sur les écrans de télé, cette dégringolade retenait à New York l’attention des passants. Après un petit rebond en fin de séance, le Dow Jones a finalement clôturé en baisse 1.176 point (4,60 %), une baisse jamais vue depuis la crise de 2008-2011.

Correction attendue après un janvier record

Le contexte n’a rien à voir avec celui de la dernière crise. Cette correction, qui suit une baisse de 2.5 % vendredi, était attendue de longue date par de nombreux observateurs, les indices ayant enchaîné les records ces derniers mois. Le S & P 500 a ainsi enregistré en janvier son meilleur début d’année depuis 1997.

Donald Trump s’en est souvent félicité dans des tweets ou dans ses interventions publiques et en avait fait un de ses arguments favoris pour séduire les milieux d’affaires lors du dernier forum économique de Davos en Suisse.

Lundi, la Maison Blanche a dans un communiqué à la chaîne CNBC assuré « être toujours inquiète quand le marché perd de la valeur ». Mais un porte-parole, mettant en avant « la fluctuation des marchés à court terme », a un peu plus tard rappelé que les « fondamentaux » de l’économie américaine restaient « très solides ». Le taux de chômage aux Etats-Unis est actuellement au plus bas depuis 17 ans et la croissance du PIB s’est établie en 2017 à 2,3 %.

Crainte d’une hausse des taux

Entamée la semaine dernière, la débâcle a été déclenchée par un regain de nervosité des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt. L’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier aux Etats-Unis a en effet ravivé vendredi les craintes d’inflation et la possibilité de voir la banque centrale relever plus rapidement que prévu ses taux.

Cette évolution rend plus cher le coût des emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que les actions.

« Pendant plusieurs années, le marché des actions était un peu la seule destination » pour les investisseurs souhaitant des rendements plus élevés mais les actions « sont devenues un peu sur-évaluées », estime Jack Ablin de Cresset Wealth Advisors. « La question maintenant est de savoir si les investisseurs qui ont ces derniers mois profité de chaque mouvement de repli pour faire des achats à bons comptes vont encore une fois refaire leur apparition ou s’ils vont rester en retrait », s’interroge JJ Kinahan, spécialiste des marchés pour la plateforme de courtage TD Ameritrade.