Amazon veut-il surveiller jusqu'au moindre mouvement de ses salariés?

FLICAGE Le géant d’Internet a déposé un brevet pour un système de traçage du mouvement de ses salariés…

G. N. avec AFP

— 

Un employé d'Amazon, dans un entrepôt en Californie, le 19 janvier 2015.
Un employé d'Amazon, dans un entrepôt en Californie, le 19 janvier 2015. — JUSTIN SULLIVAN / AFP

Amazon a breveté un système électronique lui permettant, via un bracelet, de détecter les mouvements des mains de ses salariés dans ses entrepôts pour suivre leur travail. Ce système de « traçage […] des mouvements des mains d’un employé […] pourrait être utilisé pour surveiller la réalisation de tâches assignées » comme l’inventaire et la préparation des commandes, expliquent les documents officiels relatifs à ce brevet, disponibles sur Internet et révélés par le site spécialisé Geekwire.

>> A lire aussi : Les salariés d'Amazon peuvent jouer à dénoncer leurs chefs

L’appareil est « prévu pour être porté […] près de la main et pour émettre des vibrations » pour guider le salarié, poursuit le document.

Amazon minimise

« La spéculation à propos de ce brevet est erronée », a réagi auprès de l’AFP une porte-parole d'Amazon. « Chaque jour, dans n’importe quelle entreprise dans le monde, les employés se servent de scanners à main pour faire l’inventaire et préparer les commandes », a-t-elle ajouté.

>> A lire aussi : Amazon ouvre son premier magasin physique sans caisses à Seattle

« Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d’avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans », fait valoir Amazon, estimant que si cette idée devait être un jour mise en œuvre, elle améliorerait l’organisation pour les employés travaillant dans la préparation des commandes.

Le chef du gouvernement italien réagit

Le concept a déjà suscité des réactions virulentes en Italie, notamment de la part du chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a estimé que « le défi, c’est un travail de qualité et non pas le travail avec un bracelet ». « Homme ou esclave ? Je veux restituer la dignité du travail, certaines multinationales exploitent, pressent et ensuite mettent au rebut. Ça suffit ! », a réagi de son côté, le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini.

>> A lire aussi : Bercy réclame 10 millions d'euros à Amazon pour «pratiques abusives»

Le géant du commerce en ligne a depuis longtemps la réputation d’entretenir des conditions de travail difficiles dans ses entrepôts et centres de distribution pour augmenter la productivité des employés et garantir des livraisons rapides aux clients. En 2015, le New York Times décrivait une culture d’entreprise « néfaste » chez Amazon, destinée à augmenter la productivité des employés, une description rejetée à l’époque par le patron du groupe Jeff Bezos.